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Alain Dubois -Opinion |
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| - Approche cognitivo compotementale - | ||||||
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Les services de traitement gratuits pour
joueurs compulsifs sont offerts depuis 2001 sur tout le territoire québécois. Des centres publics et privés sont subventionnés et mandatés par le Ministère de la Santé et des Affaires Sociales du Gouvernement du Québec pour offrir ces services. La plupart d'entre-eux sont des centres de
traitement et de
réadaptation pour alcooliques et toxicomanes. Cette initiative est à prime abord très louable. L'utilisation des centres de traitement et de réadaptation pour
alcooliques et
toxicomanes correspond à un excellent choix. Les cliniciens de ces centres ont déjà une solide expérience dans le champ des dépendances. Et, somme toute, le jeu compulsif est une assuétude, quoi qu'on en dise, très similaire à la toxicomanie. Malheureusement, avec les gouvernements, il faut toujours
être circonspect face à la 'pureté' de leurs actions et intentions... De plus, le programme Ladouceur est implanté dans ces centres en tant que programme pilote et les budgets qui lui sont alloués ne sont pas encore officiellement récurrents. Les centres et les intervenants qui ont été engagés pour ce programme n'ont donc pas intérêt à remettre en question le plan de traitement qui leur a été imposé. Selon des témoignages reçus, plusieurs cliniciens ont des doutes face à ce modèle de traitement "cognitivo-comportementale". Ils le considèrent inefficace pour une partie de leur clientèle, particulièrement les joueurs de longue date et ceux, très nombreux, qui souffrent de comorbidité (toxicomanie, alcoolisme, problème de santé mentale, etc.) et qu'ils sont sensés exclure du programme. En général, ils trouvent que plusieurs des techniques qui y sont préconisées sont pertinentes, mais ils considèrent que celles-ci doivent s'intégrer à l'intérieur d'un programme de traitement plus complet, et ce, dans le respect des approches cliniques déjà en vigueur dans leur centre. " L' INSPQ, a mise en relief dans une de ses plus récentes recherches Évaluation du Programme expérimental sur le jeu pathologique".que le taux d'abandon au traitement d'une dizaine de séances de 45 minutes (+ de 70%) y était très élevé (1) . Dans une brève analyse d'une recherche effectué par Robert Ladouceur ("Cognitive and Behavioral Treatment of Pathological Gambling : A Controlled Study. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 1997"). La psychologue Christine Tassé avait déjà relevé en 1998 ce phénomène. Dans ses remarques, elle évoquait la possibilité que les abandons soient dus au traitement lui-même.» Pour Madame Tassé la principale faiblesse des traitements de type béhavioriste et cognitiviste est qu'ils ne s'attardent pas autant qu'il le faudrait aux causes du trouble compulsif et/ou aux émotions qui lui sont associées. Selon cette psychologue ces approches qui sont dominantes dans le traitement des joueurs compulsifs en Amérique du Nord et dans les pays anglo-saxons sont trop réductrices et ne prennent pas suffisamment en compte toute la complexité de la psychologie humaine. Très "techniques" ces approches ne favoriseraient pas "l'alliance thérapeutique" et l'adhésion des joueurs au processus thérapeutique. Pour madame Tassé, le jeu pathologique est règle générale, un symptôme plus qu'une cause (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas aussi traiter en parallèle le symptôme). Ces causes peuvent être structurelles (ex. : trouble de la personnalité; dépression majeure) ou situationnels (ex. : deuil non résolu; ennuis et solitude; absence plaisir). Elle croit que toutes thérapies (même de type cognitiviste) qui prendraient tant soit peu en compte les causes de cette pathologie et/ou les émotions qui lui sont associées et qui miseraient davantage sur "l'alliance thérapeutique" auraient un meilleur taux de rétention des patients au traitement et donc plus de succès (1). Certaines des conclusions de l 'étude de son ex collègue Jean Leblond "Évaluation de la dangerosité des ALV" (a) invalident en bonne partie le bien-fondé du programme expérimental de traitement pour les joueurs pathologiques… Puisque 96% des joueurs compulsifs ont une dépendance aux ALV… Selon ce chercheur, c'est le paramétrage des machines qui seraient en bonne partie responsable des problèmes d’addictions aux ALV qu'éprouvent près de 40% des 10% de Quécois qui y jouent ! Une meilleure compréhension du hasard ne changerait rien au succès du traitement... Bien au contraire... cette approche pourrait induire chez les patients un illusoire et dangereux sentiment de sécurité face à ces machines! Avec les joueurs d'ALV sous traitement, il est donc préférable de préconiser l'abstinence et d'éviter de leur donner des trucs et astuces qui auraient pour objectifs de réduire les risques associés à ces jeux... Ceux-ci pourraient amener chez eux un faux sentiment de sécurité face à ses machines qui risquerait de leur être préjudiciable. ******
Il ne faudrait tout de même
pas conclure qu'il ne faut pas utiliser ces services. La grande majorité
des intervenants qui y travaillent font preuve de discernement clinique
et utilisent leur gros bon sens dans leur intervention. Le geste de
demander de l'aide et d'aller chercher du support auprès d'un
professionnel et de parler de votre problème est déjà en soi un pas dans
la bonne direction. Les services du conseiller financier qui est alloué
à chacun de ces centres et le support des groupes de soutien qui y sont
offerts sont très pertinents. Si vous avez un problème de jeu compulsif
ou connaissez une personne de votre entourage qui a ce problème, il ne
faudrait donc pas hésiter à avoir recours aux services que ces centres
offrent.
Imaginez si on appliquait sa théorie aux cocaïnomanes qui n'ont pas plus de réelle dépendance physiologique que les joueurs compulsifs (joueurs excessifs). Il suffirait de leur faire réaliser que cette drogue est mauvaise pour eux pour qu'ils guérissent de leur dépendance…
86% de réussite ? Monsieur Ladouceur prétend devant les médias que son traitement a un taux de réussite de +/- 86%. Mais il ne dit mot de ses critères de recherche qui éliminent beaucoup des sujets du départ (car ils sont trop pointus ?). Il ne dit pas qu'au bout du compte l'échantillon lors d'une de sa preière étude est, de mémoire, plus ou moins de 14 sujets. Il se garde bien de mentionner aussi qu'il n'y a plus de " follow-up " au-delà de 6 mois. Ce qui pourrait nous en dire plus sur l'efficacité de son traitement à moyen et long terme ! Plus récemment, avec un échatillon plus important il est arrivé sensiblement au même résultat mais son approche exclut toujours les patients souffrant d'une double problématiques (et il sont nombreux) Il est aussi impossible de comparer ces résultats avec ceux de d'autres approches orientées vers le jeu compulsif puisque les recherches de ce chercheurs se font sans réels groupes contrôles (autres approches)…
Dans ses études sur la prévalence des problèmes de jeu au Québec, Monsieur Ladouceur évoque un taux de 2.1% (joueurs pathologiques et problématiques) ce qui, affirme-t' il, est comparable à plusieurs autres pays occidentaux. Mais la presque totalité des autres études évoquent un taux de prévalence 2 fois suppérieur. Pourtant son ex collègue, le chercheur Jean Leblond (Ph.D psychologie) a démontré qu'après correction d'une erreur de pondération le taux réel était de 2.8%. Récemment (2005) il annonçait une chute du taux de prévalence à 1.7% un succès attribuable à l'efficacité de son traitement (laissait-il sous entendre) et des efforts fait par le ministère de la Santé... Pourtant il a utilisé un autre outils statistique pour en arriver à ce taux: l'ICJE. Avec le même outils qu'en 96, le SOGS et la même méthode de calcul le taux de prévalence serait de de 2,7% ! Selon une étude Léger Marketing réalisée dans le cadre du Forum sur le jeu pathologique, 5% des Québécois se considèrent eux-mêmes joueurs pathologiques, mais ce pourcentage représente probablement une sous-estimation de la réalité. Puisque le fait de d'admettre sa dépendance ou sa toxicomanie représente déjà un pas difficile à franchir... La question posée était la suivante : «Sachant qu’un joueur compulsif est dépendant et obsédé parle jeu et qu’il ne pense qu’à retourner jouer pour récupérer ses pertes, estimez-vous être un joueur/une joueuse compulsif(ve)?» Pour les loteries vidéo, le taux de prévalence serait presque le double !, S.Chevalier évoque un taux de 9% de joueurs compulsifs et de 40% de joueurs éprouvant un problème significatif. (Jeu pathologique et joueurs problématiques : Le jeu à Montréal par S Chevalier, D Allard, Régie régionale de la santé et des services sociaux de Mtl-Centre, 2001 (http://www.jeu-compulsif.info/documents/jeu-pathologique-mtlcentre.pdf) Il faut tout de même ici saluer les habiletés de M. Ladouceur dans le marketing de ses travaux et théories. Il a bien appris des services corporatifs de Loto-Québec qui l'ont financé pendant plus de 20 ans. On ne peut, au Québec et au Canada, aborder la question du jeu compulsif sans citer ce chercheur.
Des $$$$$ pour Robert Ladouceur - L'industrie du gambling lui a versé près de 6 millions de dollars.. Il était extrêmement difficile de connaître le montant de toutes les subventions que Robert Ladouceur obtenu depuis 20 ans des services corporatifs de Loto-Québec pour les projets dans lesquels il est impliqué. Depuis peu (2006) l'université Laval a publié un tableau des subventions reçues par ce chercheur. Voici
quelques chiffres officiels que j'avais trouvés
en 2002 : pour sa " Recherche sur la prévention du jeu pathologique ", il a obtenu 1 million 765 milles
dollars (http://www.ulaval.ca/vrr/rech/Proj/53328.html); pour son centre québécois d'excellence pour la prévention, il a reçu une subvention de départ de 350 milles $ et une subvention annuelle et récurrente de 500 milles $ (contrat de 5 ans) ; pour le
centre québécois pour la prévention et le traitement du jeu de l'Université Laval dans lequel il est aussi impliqué, il reçoit, lui, 675 milles $ par année
(http://gambling.psy.ulaval.ca/fr/sommes.html) Cette année (2006) la coalition EmJEU a porté plainte à l'université Laval concernant une recherche réalisé par ce chercheur. Un avis scientifique rédigé par un de ses anciens collègues a été déposé à cette occasion. Le Vice recteur à la recherche a décidé d'analyser lui même la plainte (et non pas le CERUL) qu'il a rejeté de manière très désinvolte. Vous pouvez prendre connaisance de cette plainte et de tout les documents qui lui sont reliés sur le site de la coalition EmJEU: www.emjeu.com
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SITES D'INTÉRÊT: (1) Ce taux d'abandon élevé (+/-70%) pour les services externes ayant l'approche Ladouceur est comparé au taux d'abandon des services internes qui utilisent d'autres approches (récherche de l'INSPQ, septembre 2003)... Faute d'équivalence et de groupe contrôle, toute comparaison (interne vs externe) se révèle malheureusement, à mon avis, correspondre être un exercice futile... Ce taux indique tout de même que la variable correspondante au type de traitement est très significative et ce d'autant que +/-70% d'abandon pour un traitement de 12 séances de 45 minutes est tout de même important !
(2)
Scores-critère : a) Le rapport scientifique de l'expert (Jean Leblond, Ph.D. psychologie) engagé par le recours collectif "Évaluation de la dangerosité des ALV" celui-ci démontre de façon sans équivoque que les machines à sous et les appareils de loteries-vidéo on été concus et paramétrés pour développer une forte dépendance envers eux. »» sous la section "Recours collectif" du site. Quelle est la valeur de la recherche universitaire subventionnée par Loto-Québec ? Par Pierre Desjardins, Professeur de philosophie Contenu du site: Jeu-compulsif.info s'engage à se montrer diligent à corriger les erreurs et informations erronées qui seront portées à son attention (après vérification auprès de son auteur). Courriel: ethique@jeu-compulsif.info -Pour en savoir plus sur nous et notre politique de confidentialité CLIQUEZ ICI |
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