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DOCUMENT D'ARCHIVE : Certaines
des informations que vous trouverez dans ce pamphlet ne sont plus à
jour. Consultez aussi la rubrique "Traitement Ladouceur" pour des informations mises à jour régulièrement
Le coroner en chef du Québec dévoilait
l’automne passé que 11, peut-être 13, suicides étaient directement
attribuables à des
problèmes de jeu compulsif. On peut facilement
imaginer que ces suicides représentent la pointe visible de l’Iceberg
et qu’en fait, ils sont beaucoup plus nombreux.
Le taux de prévalence pour ce type de
compulsion a presque doublé, passant de 1.2 % à 2.1 %
(+/-5
% selon un sondage Léger)
chez les adultes
depuis que l’État à pris la relève du crime organisé au niveau des
casinos et des machines de
vidéo-poker ! Oui, vous avez bien lu !
Voilà de quoi faire réfléchir sur la
responsabilité de notre gouvernement et de la Société d’État qui gère
et développe les jeux d’argent et de hasard :
Loto-Québec. Le
gouvernement québécois exige année après année que Loto-Québec
rapporte davantage de dividendes. Pour ce faire, Loto-Québec doit
s’ingénier à développer de nouveaux marchés, attirer de nouvelles
clientèles. Bref, faire en sorte que de plus en plus de nos concitoyens
s’adonnent au jeu d’argent et de hasard.
Cette attitude de l’État, face au jeu
d’argent et de hasard, démontre encore une fois que le capitalisme
n’a d’autre morale que celle de son absence. Loto-Québec rapporte
près d’un milliard par année à l’État. Le gouvernement néo-libéral
du parti Québécois est en bonne partie responsable de la perversion de
l’État en ce domaine. Le milliard ainsi récupéré représente plus
ou moins ce qui est remis à l’entreprise privée en subventions de
toute sorte … Libre échange et mondialisation obligent ! L’État développe
la misère pour subventionner l’entreprise privée. Belle morale que
c’elle là !
Un État responsable et « moral »
devrait, non seulement légaliser les jeux d’argent et de hasard, mais
retourner les sommes ainsi récoltées en totalité dans des programmes
de prévention, traitements et recherche consacrés au jeu compulsif et
dans un second temps, dans les services sociaux et la santé afin de
pallier aux coûts sociaux que cette dépendance engendre. Et surtout,
il ne devrait pas en faire la promotion ! Sa légalisation ne devrait
servir qu’à empêcher le crime organisé d’en tirer profit, c’est
tout !
D’ailleurs,
pour les tenants comme moi de la légalisation des drogues, cela ne peut
que nous amener qu’à reconsidérer notre position. En effet, nous
n’avons aucune raison de croire que l’État agirait différemment en
matière de drogue. J’imagine déjà les campagnes publicitaires
qu’une Société des Alcools et des Drogues du Québec pourrait faire
!
Nous sommes malheureusement presque forcés,
à la lumière de l’expérience de la légalisation des jeux
d’argent et de hasard, de constater que le meilleur programme de prévention
résidait en son illégalité, puisque les politiques de l’État ont
eu des conséquences plus néfastes que lorsque les jeux d’argent et
de hasard étaient sous le contrôle d’organisations criminelles. Le
gouvernement est plus bandit que les bandits. Incroyable, non ?
Que diriez-vous si un plan de traitement
(recherche) pour le tabagisme et/ou les drogues était mis en œuvre par
un chercheur subventionné depuis 20 ans par les marchands de tabac
et/ou les trafiquants de drogues ? Ce chercheur aurait-il de la crédibilité
à vos yeux? Je suis persuadé que la réponse de tous serait « non »
Pas
étonnant car ses théories, à mon avis, banalisent le jeu compulsif
qu’il renomme « jeu excessif ». Ce skinnérien cognitiviste réduit
le jeu compulsif à un simple problème de perception ou presque. Si des
joueurs ont des problèmes de dépendance face aux jeux d’argent et de
hasard c’est qu’ils comprennent mal la nature du hasard. Selon lui,
le piège dans lequel tombent ces joueurs est de les considérer comme
des jeux d’adresses. Ce grand « génie » nous propose donc comme
traitement « d’apprendre » aux joueurs « excessifs » qu’ils ne
peuvent compter sur le hasard pour faire des gains. Je schématise, mais
c’est presque cela.
Imaginez
si on appliquait sa théorie aux cocaïnomanes qui n’ont pas plus de réelle
dépendance physiologique que les joueurs compulsifs. Il ne faudrait que
leur faire réaliser que cette drogue est mauvaise pour eux pour
qu’ils guérissent de leur dépendance…
Pourquoi
l'État québécois et l'industrie du jeu de hasard et
d'argent ont choisi Robert Ladouceur ?
En réduisant les problèmes causés par le jeu compulsif à
un simple problème de perception et cognitions, Robert
Ladouceur participe à faire reposer tout le poids du problème
sur l'individu.
Il banalise ainsi le rôle de
l'État et des influences sociales dans le développement (et
le contrôle) de cette morbide "industrie".
L'industrie du jeu et les États
tenanciers sont donc très preneur de ce genre de théorie
qui, objectivement, sous-estime les facteurs sociaux en faveur
de simples facteurs individuels (perception/cognitions).
On peut rajouter que cette approche réductiviste d'un problème social et psychologique s'inscrit dans un courant idéologique typiquement anglo-saxon, américain et néo-libéral, où tout le poids de la
"réussite social"
et du bien être personnel est perçu comme une responsabilité
presque exclusivement individuelle.
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86% de réussite ?
Monsieur
Ladouceur prétend devant les médias que son traitement a un taux de réussite
de 86%. Mais il ne dit mot de ses critères de recherche qui éliminent
beaucoup des sujets du départ (car trop pointus). Il ne dit pas,
qu’au bout du compte l’échantillon est, plus ou moins
de 14 sujets. Il se garde bien de mentionner aussi qu’il n’y a plus
de « follow-up » au-delà de 6 mois. Ce qui pourrait nous en dire plus
sur l’efficacité de son traitement à moyen et long terme.
On comprend maintenant mieux l’intérêt
de Loto-Québec et de l’État québécois à financer les travaux de
ce « réputé » chercheur. Une réputation que personne ne peut nier
et qui provient en bonne partie de résultats de recherches financées
par les services corporatifs de Loto-Québec.
Par ailleurs, il ne faudrait tout de même
pas passer sous silence ses excellentes recherches, tels celles sur les
coûts sociaux reliés au jeu d’argent et de hasard ainsi que ses études
sur la prévalence de celui-ci au Québec.
Il faut aussi saluer les habiletés de ce
chercheur dans le marketing de ses travaux et théories. Il a bien
appris des services corporatifs de Loto-Québec qui l’ont financé
depuis 20 ans.
On ne peut, au Québec, aborder la question
du jeu compulsif sans citer ce chercheur. Il est partout, même dans ma
soupe ! Plus sérieusement, il est impossible de lire quelque chose sur
le sujet sans que son nom soit mentionné. Pourtant cette hégémonie théorique
n’est que québécoise. Elle est marginale si on la situe dans le
contexte mondial de la recherche sur le jeu compulsif. Robert Ladouceur
critique Loto-Québec
Quelle ne fut pas ma surprise, l’an passée, d’entendre sur les
ondes de Radio-Canada une conférence de presse où Robert Ladouceur dénonçait
un programme de prévention du jeu d’argent et de hasard chez les
jeunes : « Moi, je passe », financé par Loto-Québec.
Voilà qui était nouveau. Robert Ladouceur dénonçait ceux-la même
qui l’avaient si grassement subventionné depuis 20 ans. Pourquoi ?
Difficile de savoir si, comme il l’a mentionné à ce moment, ce
programme s’apparentait trop à ceux sur les drogues qui, selon lui,
était non-scientifique et avait donné de piètres résultats. On peut
spéculer que peut-être, lui-même aurait aimer proposer à Loto-Québec
un projet de prévention, davantage « scientifique ». Peut importe le
motif réel de ce soudain revirement de Robert Ladouceur face à Loto-Québec,
cette sortie peut être perçue comme très habile, puisqu’il démontrait
qu’il pouvait être critique face à la société d’État et, du même
coup, qu’il pouvait se retourner contre eux. Démontrant ainsi son indépendance
de chercheur.
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MISE EN
GARDE
Mes critiques et commentaires face à Monsieur Ladouceur ne présument
d’aucune façon de son manque d’intégrité et du sérieux
de ses protocoles de recherche. Je n’ai aucune compétence
en ce domaine. Je ne fais qu’exprimer des ré flexions
personnelles que j’ai depuis quelques années et que je
partage avec vous, lecteur.
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SUBVENTIONS
REÇUES PAR LADOUCEUR
Il est extrême difficile de connaître le montant de toutes les
subventions que Robert Ladouceur (et les projets dans lequel il est
impliqué en autre avec les universités Laval et Mc Gill) a reçu des
services corporatif de Loto-Québec depuis 20 ans. Mes demandes
d’information auprès des organismes impliqué n’ont pas obtenu de réponses
(ou presque). Voici tout de même quelque chiffre officiel que j’ai
trouvé concerne sa « Recherche sur la prévention du jeu
pathologique »: pour lequel il a obtenu 1 million 765 milles
dollars(http://www.ulaval.ca/vrr/rech/Proj/53328.html).
Son centre québécois d’excellence pour la prévention (...) a reçu
une subvention de départ de 350 milles $ et une subvention annuel et récurrente
de 500 milles $ (contrat de 5 ans). Le centre québécois pour la prévention
et le traitement du jeu de l’Université Laval dans lequel il est
aussi impliqué, reçoit lui 675 milles $ par année (http://gambling.psy.ulaval.ca/fr/sommes.html)
L’Association Américaine des Casinos et des jeux d’argent (American
Gaming Association), qui se soucie elle aussi de son image corporative,
lui a versé via sa fondation “ La Gaming Entertainment Research
and Education Foundation ” $140,499 us pour une autre de ses
recherches (http://www.ncrg.org/projects/projects.html)
Quand
une industrie, comme celle du jeu $, finance si généreusement un
chercheur, il faut se demander pourquoi !
*Les journalistes sont d’un manque étonnant de perspicacité. Ex: il
y a 3 ans, certains organismes dénonçaient la présence de guichets
automatiques au casino. Les agents de relation publique du service
corporatif de L-Q n’ont eu qu’à affirmer aux médias qu’il n’y
en avait pas, pour faire taire les journalistes. En vérité, ces
machines (ayant les mêmes fonctions qu'un guichet automatique)
existent, mais elles portent un autre nom ! À leurs décharges, il faut
dire qu’enquêter sur L-Q exige une ténacité exceptionnelle...
Robert
Ladouceur « Un gagnant » !
Université de Laval, 8 juin 1995
Loto-Québec vient de faire un autre heureux: Robert Ladouceur.
À défaut d'avoir remporté le gros-lot de la 6/49, le
professeur de l'École de psychologie de l'Université Laval
touchera,(…) une subvention totale de 875 000 $ pour se
pencher, avec son équipe, sur les aspects fondamentaux,
sociaux, interpersonnels et cliniques de la psychologie des
jeux de hasard et d'argent .
http://www.ulaval.ca/scom/Au.fil.des.evenements/1995/35/006.html |
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D’autre chiffre sur le jeu
Loto Québec avait un chiffre d’affaire de 51 MILLIONS lors
de sa première année d’existence en 1971. En 1999 elle
annonçait fièrement que cette somme était maintenant de 3.1
MILLIARDS dont plus de 1,251 milliard $ versé en dividendes
au gouvernement du Québec. 30% des joueurs de vidéo–poker
sont des joueurs compulsifs. +-25% des joueurs compulsifs
tenteront de se suicider.
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* ‘Le
traitement ’ Ladouceur
Correction des verbalisations irrationnelles et thérapie béhaviorale
(Sylvain, Ladouceur & Boisvert, 1997)
-Restructuration cognitive & correction des verbalisations
irrationnelles (l’apport de Ladouceur à ce traitement)*
-Résolution de problèmes (méthode de Goldfried et Davidson,
1976) en 5 étapes :
-Définir le problème.
-Prendre de l'information sur le problème.
-Générer différentes solutions.
-Faire une liste des avantages et des désavantages pour
chaque solution.
-Implanter et évaluer la solution choisie.
-Enseignement d'habiletés sociales
-Prévention de la rechute
Succès : Le taux de succès n'est pas basé sur l'abstinence.
86 %, i.e. 12 des 14 sujets qui ont suivi le traitement ont
descendu leur score en déça d'un certain score-critère dans
au moins trois des cinq mesures employées. Il n'a pas été démontré
dans la littérature qu'un lien direct est établi entre ces
mesures (sentiment de contrôle et d'efficacité personnelle,
désir de jouer, etc.) et le comportement d'abstinence au jeu.
La fréquence du jeu qui a pourtant été mesurée n'entre pas
dans ce résultat. (Dans le cadre d’une approche de réduction
des méfaits, il s’agirait d'une mesure davantage
"valide" (i.e. mesurant bien le phénomène, la
variable, à l'étude et non un autre) et donc, plus
pertinente)
Petit échantillon,14 sujets. Donc, non généralisable. Ne
s'applique qu'aux joueurs ayant commencé à jouer tardivement
(et donc avec problèmes les moins lourds). Les autres sujets
ayant abandonné le traitement de façon significative.
Possibilité que les abandons soient dus au traitement (80 %,
i.e. 8 sur 11 des abandons ont eu lieu dans le groupe "
traitement " vs " contrôle " 3 sur 11).
-Le même traitement existe pour les adolescents. Cependant,
l'accent est mis davantage sur l'apprentissage des habiletés
sociales.
*Il serait pour le moins intéressant et pertinent que dans le
cadre du traitement expérimental ie “scientifique” qui
sera établi au CD-C, qu’il y ait un groupe contrôle
utilisant une autre approche: humaniste, dynamique etc. Il
existe de véritables théoriciens dont les points de vue
cliniques sont drôlement plus intéressants que les banalités
de Ladouceur, ex: Rosenthal et Rugle
ROSENTHAL, R.J. (1986). The Pathological
Gambler's System for Self-Deception. Journal of Gambling
Behavior, (2) 108-120.
ROSENTHAL, R.J. & RUGLE, L. (1994). A Psychodynamic
Approach to the treatment of Pathological Gambling : Part I.
Achieving Abstinence. Journal of Gambling Studies, (10) 1,
21-42.
ROSENTHAL, R.J. & RUGLE, L.J. (1994). Transference and
Countertransference Reactions in the Psychotherapy of
Pathological Gamblers, Journal of Gambling Studies, (10) 1
43-65.
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