Dans son plan
stratégique dévoilé la semaine passée,
Loto-Québec semble avoir pris ces
constats en considération en annonçant qu’elle entend
réduire la disponibilité de
ces appareils en retirant du marché tous les appareils qui se trouvent aux établissements qui en disposent de quatre ou moins et
qui se trouvent dans une des quatre
municipalités les plus peuplées du Québec ou dans une
zone dont le revenu familial moyen
est en bas de 50,000 $ par année.
Il est vrai que cette approche réduira la
disponibilité de ces machines au grand publique. Mais l’effet sera beaucoup moins dramatique que
cela ne puisse paraître à première
vue. Car plus que deux tiers des établissements disposant
d’appareils de loterie vidéo
disposent de cinq machines ou plus. Il restera énormément d’établissements dans des quartiers pauvres qui
offrent des appareils de loterie vidéo.
Loto-Québec a sans doute un autre motif en
éliminant les sites de jeu offrant 4 appareils de loterie vidéo ou moins. Car on sait que ce sont
précisément ces sites où les appareils récoltent le moins de profit. Pourquoi ?
Des intervenants qui travaillent auprès
de joueurs pathologiques observent que ces gens préfèrent jouer
dans des établissements qui
ressemblent plus à un casino. Et quand on sait que la majorité des profits générés par ces machines
proviennent justement de ces gens aux prises avec des problèmes de jeu pathologique, on voit à
quel point ces considérations sont cruciales pour la profitabilité continue de
Loto-Québec. Qui bénéficiera de cette décision ? Les « rois du
vidéopoker », entre autres, car les joueurs pathologiques
qui ne peuvent plus aller jouer
à la brasserie du coin seront de plus en plus acheminés à
leurs établissements.