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Actualités, jeudi 5 septembre 2002, p. A11
Recours collectif contre Loto-Québec
La lutte s'annonce sans pitié
Benjamin,
Guy
Le recours collectif de l'avocat québécois Jean Brochu
contre Loto-Québec s'annonce comme une bataille sans pitié.
Loto-Québec réplique au recours collectif déposé au début
du mois d'août en s'attaquant, dans une requête préliminaire,
à 80 % des allégations de la poursuite.
Le recours collectif intenté au nom de tous les joueurs
compulsifs à la suite de l'utilisation des appareils de loterie
vidéo contient une centaine d'allégations. Loto-Québec
demande rien de moins que la radiation de 40 allégations et de
18 pièces ou documents sur lesquels s'appuient les joueurs.
Loto-Québec réclame en plus des précisions ou le dépôt
de documents au sujet de 37 allégations. Le juge de la Cour supérieure
aura d'abord à statuer sur chacune des demandes avant de
commencer à entendre le recours sur le fond.
La société d'État demande d'éliminer toutes les déclarations
des politiciens au sujet du jeu compulsif auxquelles fait référence
le recours collectif. Loto-Québec ne voit pas la pertinence
dans le débat d'une déclaration de Bernard Landry, lorsqu'il
était ministre des Finances, qui se termine par la phrase
" on devrait rendre service à nos concitoyens qui
pourraient avoir des problèmes liés au jeu ".
On invoque aussi la non-pertinence d'une déclaration du
ministre Serge Ménard, qui, face au jeu pathologique, se
demandait " si un jour il ne faudra pas retirer de la
circulation les 15 000 appareils de loterie vidéo ".
Le thème du suicide
Loto-Québec demande que soit retiré du débat les cinq
paragraphes rappelant les résultats des enquêtes du coroner
sur le suicide de joueurs compulsifs. La société d'État
argumente que ces rapports des coroners n'ont pas été rédigés
pour les fins du litige et n'ont pas pour but de se prononcer
sur sa responsabilité face aux suicides.
Jean Brochu affirme dans son recours que le Québec compte
2,1 % de joueurs pathologiques et qu'ils sont 119 000 atteints
de la maladie à cause des appareils de loterie vidéo. Loto-Québec
veut voir les études sur lesquelles l'avocat s'appuie pour
faire de telles affirmations.
Concernant les 119 000 joueurs pathologiques potentiels,
Loto-Québec n'accepte pas d'emblée l'affirmation selon
laquelle ils ont tous développé une dépendance en utilisant
les appareils de loterie vidéo. L'État a pris le contrôle de
ces machines en 1993.
La Société des loteries, défendue par la firme d'avocats
Heenan, Blaikie, Aubut, veut savoir si les joueurs ont utilisé
des appareils avant 1993, si la dépendance s'est développée
après 1993, si les joueurs ont consulté des ressources médicales
pour leurs problèmes de jeu, et aussi, si les joueurs sont des
mineurs.
Enfin, Loto-Québec veut exclure du débat les allégations,
basées sur ses rapports annuels et soulignant ses profits ces
dernières années. Surtout les profits provenant des appareils
de loterie vidéo, qui en 1999-2000 se chiffrent à 553,8
millions $.
Le nom du juge désigné pour entendre la cause sera confirmé
sous peu.
GBenjamin@lesoleil.com
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Loto-Québec s'attaque à 80% des allégations de la
poursuite.
(c) 2002 Le Soleil. Tous droits réservés.
Doc. : 20020905LS0030
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