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Le jeu pathologique représente, tout comme le
tabagisme et la toxicomanie, un important problème de santé publique. À
ce titre, il serait des plus judicieux que le gouvernement du Québec
adopte un modèle de gestion plus éthique des «jeux» de hasard et
d’argent. Le futur plan d’affaire de Loto-Québec qui doit être déposé
d’ici la fin du mois est important. Aujourd’hui, contrairement à hier,
nous avons un bon portrait des ravages sociaux causés par les «jeux» de
hasard et d’argent (1).
Le gouvernement et Loto-Québec doivent faire marche arrière et cesser de
se comporter en «pusher» de jeux de hasard et d’argent. Les coûts
sociaux (2) sont devenus trop importants
par rapport aux bénéfices que la société québécoise en retire !
Le taux de prévalence de personnes souffrant du jeu pathologique est de
+/- 5% et plus spécifiquement de +/-10% (3)
pour les appareils de loteries-video (ALV). Le gouvernement québécois,
lorsqu’il a légalisé les jeux de hasard et d’argent, en a grandement
facilité l’accès, entre autres en localisant les casinos de Montréal et
de Hull près des Centres-villes et surtout en installant des appareils
de loteries-vidéo (bandits manchots) dans un nombre très important de
bars et autres débits d’alcool ! Ainsi, on retrouve au Québec des
appareils de loteries vidéo (ALV) à presque tous les coins de rue de nos
villes et villages ! Le Québec entier a été ainsi transformé par son
gouvernement en un vaste casino…
La facilité d’accès au «jeu» de hasards et d’argent est, selon tous les
experts, le principal facteur qui explique l’accroissement exponentiel
du nombre de joueurs pathologiques qu’a connu le Québec ces dernières
années. La soif d’argent facile des gouvernements québécois aux
politiques néolibérales a provoqué ce grave problème de santé publique.
De plus, en terme de sécurité publique, l’installation massive des
appareils de loteries-vidéo a eu un autre effet pervers, celui de
renforcer et financer le crime organisé ! Selon des sources policières
et de l’aveu même de l’actuel ministre des Finances, Yves Séguin (4),
de nombreux bars et autres débits d’alcool appartiendraient ou seraient
reliés au crime organisé. Les importants profits des ALV serviraient
donc à
financer directement le crime organisé, à cela il faut rajouter que le
crime organisé récolterait aussi d’importantes sommes d’argent en contrôlant
d’autres activités criminelles connexes, tels les prêts à taux
usuraires.
Cette industrie du «vice» doit être sévèrement contrôlée, réglementée et
soumise à des lois et règlements similaires à celles de l’industrie du
tabac. Les ALV devraient être retirés des bars et autres débits d’alcool
et uniquement disponibles dans les casinos. Ces derniers se doivent
d’être peu nombreux et suffisamment éloignés des centres-villes afin
d’en décourager l’accès facile. En bref ! La légalisation des «jeux» de
hasard et d’argent devrait être dictée par de stricts motifs de santé et
de sécurité publiques.
Voici quelques exemples de mesures que pourrait inclure le nouveau
plan d’affaire de LQ et qui témoigneraient d’une gestion plus éthique et
responsable des «jeux» de hasard et d’argent :
-N’ajouter aucun nouveau casino et conserver le statu quo au niveau de
la localisation actuelle des casinos
-Retirer toute forme de subvention visant à faciliter
l’accès aux casinos en y finançant, par exemple, le transport de clients
(ex : transport de personnes âgées : clubs de l’âge d’or, résidents de
centre d’accueil).
-Ne pas faciliter l’accès au casino de Montréal en
implantant un tramway, train, monorail, etc.
-Enlever tous les ALV des bars et autres débits
d’alcool et les confiner uniquement aux casinos. Voici une mesure qui
permettrait en plus de relancer l’industrie des courses de chevaux (et
les hippodromes) puisque c’est l’apparition massive des ALV qui est en
bonne partie responsable de l’agonie de cette industrie.
-Soumettre les «jeux» de hasard et d’argent aux mêmes
lois, règlements et restrictions que les produits du tabac en termes de
publicité, de promotion et de commandites. (N.B : le gouvernement
fédéral fait les Ponce Pilate en matière de «jeux» de hasard et d’argent
alors que c’est lui, par voie de règlements, qui a cédé sa juridiction
aux provinces. Il pourrait très bien corriger le tir et modifier les
règlements existants afin de mieux baliser et réglementer le cadre dans
lequel peut s’exercer la juridiction provinciale. Le gouvernement
fédéral, sans violer le cadre institutionnel existant, pourrait donc
très bien étendre ou adapter les lois et règlements sur le tabac aux
«jeux» de hasard et d’argent.)
-Puisque les «jeux» de hasard et d’argent sont
réservés aux 18 ans et plus, il devrait être interdit de diffuser aux
heures de grandes écoutes des émissions mettant en vedette des jeux de
hasard et d’argent travesties en quiz : La poule aux œufs d’or (inspirée
de l’ancienne émission du même nom) à TQS, La Roue de Fortune (TVA),
Chasse au trésor (inspiré de l’ancien Quiz Galaxie) à TVA. De plus, ce
type d’émission dénote un manque d’éthique évident puisqu’il jette une
confusion entre les quiz TV et les «jeux» de hasard et d’argent.
Pourquoi le CRTC n’intervient-il pas ?
-Pour éviter toute apparence de conflits d’intérêts,
LQ devrait se retirer de la fondation «Mise sur Toi» et céder les sommes
d’argent qui y sont actuellement dévolues à une nouvelle fondation au
sein de laquelle aucun représentant de Loto-Québec, du gouvernement ou
chercheurs associés à Loto-Québec ne siégerait.
Alain Dubois, éditeur des sites
www.jeu-compulsif.info
et
www.toxico.info
Quelques références :
1) Selon l’INSPQ, une majorité de joueurs compulsifs songent au
suicide (jusqu'à 70%) Évaluation du Programme expérimental sur le jeu
pathologique - Serge Chevalier - Danielle St-Laurent - Denis Allard -
Chantale Audet - Catherine Geoffrion - Élisabeth Papineau
2) Référence : Le jeu à Montréal par S Chevalier, D Allard, Régie
régionale de la santé et des services sociaux de Mtl-Centre ;
Statistique Canada évalue aussi le taux de joueurs pathologiques au
Québec à 4,6%, "L'emploi et le revenu en perspective", numéro en ligne
de mars 2004, Fiche sur les jeux de hasard et d'argent :
www.jeu-compulsif.info/documents/fiche-jeu-de-hasard.pdf ; “Gambling in
America: Costs and Benefits ” de l’économiste Earl L.
Grinols de l'Illinois dans son livre
publié chez Cambridge University Press.
3) Selon une étude Léger Marketing (http://www.jeu-compulsif.info/documents/sondage-leger-marketing-jeu-2001.pdf
) réalisé dans le cadre du Forum sur le jeu pathologique, 5 % des
Québécois se considèrent eux-mêmes joueurs pathologiques. La question
posée était la suivante : « Sachant qu’un joueur compulsif est dépendant
et obsédé parle jeu et qu’il ne pense qu’à retourner jouer pour
récupérer ses pertes, estimez-vous être un joueur/une joueuse compulsif(ve)?
»
-Pour les loteries vidéo, S.Chevalier évoque un taux de 9% de joueurs
compulsifs et de 40% de joueurs éprouvant un problème significatif. Par
ailleurs, il situe le taux de prévalence (général) de joueurs
pathologiques à 5% (Jeu pathologique et joueurs problématiques : Le jeu
à Montréal par S Chevalier, D Allard, Régie régionale de la santé et des
services sociaux de Mtl-Centre, 2001 (http://www.jeu-compulsif.info/documents/jeu-pathologique-mtlcentre.pdf)
-Statistique Canada évalue aussi le taux de joueurs pathologiques au
Québec à 4,6%, "L'emploi et le revenu en perspective", numéro en ligne
de mars 2004, Fiche sur les jeux de hasard et d'argent :
www.jeu-compulsif.info/documents/fiche-jeu-de-hasard.pdf
4) Le crime organisé contrôle les vidéo-pokers DENIS LESSARD,
journaliste au quotidien LaPresse, 13 janvier 2004, cahier A7
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