Une recette pour développer de nouveaux joueurs pathologiques - Le nouveau programme de fidélisation de Loto-Québec pour les joueurs de jeux de tables

Jeu compulsif info - Actualité, août 2003, Alain Dubois

Lors de la présentation du premier budget du gouvernement Charest nous apprenions qu’il était demandé à Loto-Québec de rapporter davantage de dividendes dans les poches du gouvernement. Pour ce faire, Loto-Québec devra couper dans ses frais administratif mais cela ne sera pas suffisant pour remplir la «commande»... Loto-Québec devra, comme elle le fait à chaque fois, s’ingénier à trouver de nouvelles façons d’augmenter l’offre pour les «jeux» de hasard et d’argent et/ou tout simplement amener les actuels joueurs à y dépenser davantage d’argent.

La semaine dernière nous apprenions également que Loto-Québec avait l’intention d’améliorer son « programme de gratuité » pour récompenser les gros joueurs. La société d’État a donc lancé un appel d’offre concernant des appareils portatifs qui seraient en mesure de faire un suivi informatisé des joueurs aux tables  ! Le but est en autre de permettre aux croupiers d’offrir instantanément (ou presque) des «récompenses» aux gros joueurs. Cette notion d’instantanéité des primes ou récompenses est une des causes du succès des loteries vidéo et du grand nombre de joueurs compulsifs qui s’adonnent à ce «jeu » de hasard et d’argent. Loto-Québec a donc trouvé une façon de transposer les qualités addictives des loteries vidéo aux très payants jeux de tables (les mises y sont plus importantes). Il s’agit ici d’une habile tentative d’appliquer un des principes de l’utilisation de techniques béhaviorales (1) où le joueur est conditionné à penser fréquemment «gains» afin de le retenir au jeu  : Induire et maintenir le comportement tandis que le joueur perd de l’argent. Voilà qui est édifiant. Le gouvernement Charest compte sur un plus grand nombre de joueurs compulsifs (2) pour boucler le budget de notre «Belle Province»  !

De plus cette mesure permettra non seulement à Loto-Québec de savoir combien les gros joueurs dépensent mais aussi d’avoir des informations nominatives sur ceux-ci. Des banques de données qui pourront, à coup sûr, servir à notre fleuron de «l’industrie du vice» afin de solliciter plus efficacement les joueurs à dépenser leur pécule aux casinos.

 Alain Dubois, éditeur de www.Jeu-Compulsif.info

Voir aussi sur le même sujet: Jeu compulsif et Robert Ladouceur & Cie. d'Alain Dubois

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