
Après deux ans d'implantation, le Programme
expérimental sur le jeu pathologique instauré par le
ministère de la Santé et des Services sociaux a fait l'objet
d'une évaluation par l'Institut national de santé publique
du Québec, à la demande du Ministère. Les résultats de
l'évaluation sont communiqués en primeur aujourd'hui aux
ressources de traitement chargées de la mise en application
du programme, et cela à l'occasion d'une Journée consacrée
au jeu pathologique à l'hôtel Wyndham à Montréal. Les
intervenants du programme seront également invités à
exprimer les aménagements qu'ils proposent pour mieux servir
la population ciblée.
Essentiellement, les résultats révèlent
que deux tiers (67 %) des joueurs qui se prévalent du
programme expérimental sont des hommes âgés de 35 à 54 ans.
Trois personnes sur quatre détiennent l'équivalent d'un
diplôme secondaire ou moins. Sept joueurs inscrits au
programme sur dix occupent un emploi. On apprend également
que la plupart des jeux auxquels s'adonnent les joueurs en
traitement sont les appareils électroniques et que parmi les
joueurs admis au programme, plus de 40 % ont accumulé des
dettes de jeu supérieures à 10 000 $.
Aussi, plus de la moitié des joueurs
inscrits au programme (52 %) ont eu des pensées suicidaires
au cours de la dernière année et cette proportion grimpe à
70 % chez les joueurs en cure fermée par opposition à un
traitement en clinique externe. À titre de comparaison,
3,9 % des adultes de la population en général ont des
pensées suicidaires.
Le programme expérimental permet aux
joueurs de recevoir un traitement de manière individuelle ou
en groupe, que ce soit en externe ou à l'interne. En effet,
84 % des joueurs ont été reçus en clinique externe, contre
16 % en cure fermée réservée aux cas les plus lourdement
atteints. Ce sont d'ailleurs ces personnes en cure fermée
qui complètent en plus grande proportion (95 %) leur
thérapie alors qu'une personne sur trois en clinique externe
la termine.
« Les personnes en traitement externe
n'étant pas isolées de leur environnement d'obligations et
de risques, il devient difficile pour elles de maintenir une
motivation à poursuivre le traitement, explique Serge
Chevalier, sociologue à l'Institut national de santé
publique du Québec. Mais la plupart de celles qui
interrompent leur traitement en externe ont complété plus de
la moitié du traitement, ce qui n'est pas négligeable. On ne
parle donc pas d'échec pour autant puisque rares sont les
joueurs pathologiques qui réussissent du premier coup à se
défaire de cette dépendance. »
En effet, les joueurs qui vont en
traitement n'en sont généralement pas à leur première
tentative de contrôle ou d'arrêt de leur comportement de
jeu. Lorsqu'ils acceptent un traitement, c'est qu'ils sont
motivés par le désir de retrouver une vie normale parce
qu'ils sont habités par le désespoir, la souffrance, la
honte et qu'ils ont des problèmes financiers, ou encore
qu'ils subissent une pression de leur entourage.
Neuf personnes sur dix admises au
programme étaient effectivement des joueurs pathologiques et
la plupart de celles-ci ont été satisfaites du programme.
Elles ont toutefois suggéré un certain nombre
d'améliorations comme la mise en place d'un volet d'aide à
la ligne téléphonique déjà existante. Elles ont également
critiqué les publicités entourant les jeux de hasard et
d'argent.
Les données de cette évaluation ont été
récoltées de mai 2001 à octobre 2002 par une équipe de
l'unité Connaissance-surveillance de l'Institut national de
santé publique du Québec. Le ministère de la Santé et des
Services sociaux a confié à l'Institut le soin d'évaluer
plusieurs aspects du Programme expérimental sur le jeu
pathologique dans les 23 organismes de traitement répartis
dans quatre sites pilotes à travers le Québec. Un total de
2 030 dossiers ont été transmis à l'Institut pour cette
période. L'ensemble des rapports de recherche publiés à ce
jour sont disponibles en version PDF sur le site Web de
l'Institut à l'adresse :
www.inspq.qc.ca.
Fondé en 1998, l'Institut national de
santé publique du Québec est né d'une volonté d'améliorer la
coordination, le développement et la mise à profit de
l'expertise de santé publique au Québec. Sa mission
s'articule autour de cinq dimensions : l'information, la
formation, la recherche, les services-conseils et la
coopération internationale.
Renseignements :
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Institut national de santé publique
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