LA CHRONIQUE DE RAOUL

Gaspillez avec modération ! Et ta sœur … elle va bien ?

CHRONIQUE no. 10

On a beaucoup parlé dernièrement de la pneumonie atypique qui a atteint une infime partie de la population. On parle beaucoup moins du jeu compulsif qui atteint plus de 2% de la population et qui affecte aussi : familles, relations et employeurs.

Dans notre belle province de Québec notre propre gouvernement entretient plus de 20,000 sources d’infection reparties en quelques 4,000 foyers. Il fallait penser à ceux qui n’ont pas de voiture ou qui n’étaient pas prêts à de longs trajets n’est-ce pas?

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Chaque appareil électronique de jeu (AEJ) représente un tel danger d’infection. Plus de 90% des joueurs compulsifs cherchant de l’aide relient leur problème de jeu à ces appareils.

Tous ces joueurs compulsifs ont subi des pertes financières qui affectent aussi leurs proches. Tous vivent aussi d’intenses émotions désagréables allant du regret à l’anxiété. Le désespoir en conduit même un certain nombre au suicide. Presque tous éprouvent de la culpabilité et de la colère envers l’exploitant et le gouvernement.

Les joueurs compulsifs se rétablissent difficilement. Plusieurs connaissent de nombreuses rechutes. Tous conservent des séquelles.

De nombreux joueurs compulsifs et leurs proches doivent recourir à des soins de santé. Les dépressions, les divorces, les faillites et les pertes d’emploi sont fréquents. Certains vont jusqu’au crime pour se procurer de l’argent pour jouer ou pour acquitter des dettes de jeu.

Tout cela représente un fardeau social non négligeable. Les revenus du jeu sont facilement chiffrables car ils sont concentrés chez l’exploitant mais les coûts sont tellement étendus que leur dilution rend leur identification ardue.

Les revenus bruts de l’exploitant permettent de chiffrer les pertes financières des joueurs mais plusieurs autres dépenses qui auraient pu être évitées résultent du jeu compulsif. Pensons aux soins de santé, aux médicaments, aux créanciers non payées, aux pertes d’emplois, aux coûts résultant des divorces, à l’absentéisme, à la baisse de productivité au travail … Comment mettre un chiffre aux souffrances des joueurs compulsifs et de leurs proches ?

Messieurs nos gouvernants, ouvrez-vous les yeux ! La prépondérance des joueurs compulsifs chez les usagers des AEJ est si marquée qu’il serait probablement avantageux d’interdire ces appareils. Plus de 90% des joueurs compulsifs recherchant de l’aide, relient leur problème à ces appareils.

Nous ne pouvons pas bannir le jeu mais avons-nous besoin de ces appareils que la technologie a rendus possibles. Avons-nous besoin de ce type de jeu dont l’homme s’est passé pendant des millénaires ? Avions-nous besoin d’un nouveau jeu de hasard plus pernicieux que tous les autres que nous avions déjà ? La technologie a rendu possible des armes de destruction massive mais est-ce que cela justifie d’en avoir et les utiliser ?

Dès que vous découvrez qu’un produit s’avère plus dangereux que les avantages qu’il procure, vous vous empressez de l’interdire pour protéger la population. Pourquoi ne pas appliquer cette même logique sensée à ces appareils ? Serait-ce parce que les avantages se retrouvent surtout de votre bord et les inconvénients du nôtre ? Si ces revenus sont nécessaires, une hausse d’impôt serait préférable à l’exploitation de ces appareils.

Je crois que la modération est désirable pour l’usage de biens mais je persiste à croire que l’abstention est supérieure pour ce qui est dangereux et nuisible.

Gaspillez avec modération ! Et ta sœur… elle va bien ?

Raoul, un joueur compulsif
abstinent

 

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