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LA CHRONIQUE DE RAOUL |
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J’étais cuit à l’os! |
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CHRONIQUE no. 28 (Publiée aux deux semaines) Le joueur, et nul autre que le joueur peut accorder au jeu une emprise sur lui. La convoitise des gains est l’ingrédient de base de ces jeux. Seul le joueur peut fournir cet ingrédient. La convoitise est aux jeux d’argent ce qu’est l’essence à l’automobile. Sans elle, ces jeux perdent tout attrait. Ils cessent d’être captivants. Ils cessent d’être excitants. Ils perdent leur pouvoir distrayant et leur efficacité comme moyen anesthésiant. L’exploitant est très conscient de cette réalité. C’est pourquoi il s’efforce, par sa publicité et l’affichage, de susciter et d’attiser la convoitise du joueur. Ses appareils de jeux le font aussi très efficacement. L’exploitant est un promoteur de la convoitise et un profiteur de cette faiblesse humaine. |
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Un joueur compulsif adopte un comportement ruineux lorsqu’il
joue. S’il gagne, il rejoue pour gagner davantage; s’il perd, il rejoue pour
diminuer ses pertes. Oups! Excusez-moi. Je suivais le pattern de Monsieur Robert
Ladouceur qui fait de chaque pari une décision rationnelle. Je corrige : « Un joueur compulsif joue et rejoue tant qu’il lui reste des sous, à moins que quelque chose ne l’arrête. ». Voilà! Cela me semble plus conforme à ce qui est observable; cela me semble plus scientifique comme description. La thérapie de Monsieur Ladouceur explique très bien au joueur que chaque tirage est un événement indépendant qui offre les mêmes probabilités de gains. Cela convenait tout à fait au joueur compulsif que j’étais devenu. Cela me justifiait, en quelque sorte, de porter le même regard sur chacun de mes nombreux paris… j’étais cuit jusqu’à l’os! Quand l’obsession de jouer (et non : l’obsession de gagner) me prenait, il me fallait un minimum de $100 pour aller jouer; davantage était encore mieux. J’avais donc déjà accepté d’emblée l’idée de perdre 40 paris de $2.50. Puisque chaque pari était indépendant, chaque session de jeu l’était également. Je m’étais depuis longtemps placé dans un cadre contraignant. Je m’étais fait le coup « du pied dans la porte ». J’usais inconsciemment envers moi de cette vieille technique manipulatrice : je me piégeais par une décision initiale. C’était donc un joueur inconsciemment auto manipulé (l’équivalent d’autosuggestionné, mais en plus sournois) qui prenait place devant l’appareil de loteries vidéo. L’appareil avait alors beau jeu de compléter le travail par ses propres techniques de manipulation. J’étais cuit à l’os, je vous dis! À suivre… Raoul MISE EN GARDE DE L'ÉDITEUR -Veuillez prendre note que les textes suivant, tout comme ceux contenu sous cette rubrique, ne sont que des commentaires et réflexions personnelles et qu'ils n'ont aucune prétention d'être des textes scientifiques ou d'avoir un contenu conforme à la réalité. On ne peut donc conclure à la lecture des ces textes de la malhonnêteté de la Société des loteries vidéo du Québec, de la Société des Casinos du Québec, de Loto-Québec , la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) ou de celle de Robert Ladouceur. Ces textes sont publiés sous toute réserve. |