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LA CHRONIQUE DE RAOUL |
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Maudite convoitise! |
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CHRONIQUE no. 27 (Publiée aux deux semaines) Le joueur, et nul autre que le joueur peut accorder au jeu une emprise sur lui. La convoitise des gains est l’ingrédient de base de ces jeux. Seul le joueur peut fournir cet ingrédient. La convoitise est aux jeux d’argent ce qu’est l’essence à l’automobile. Sans elle, ces jeux perdent tout attrait. Ils cessent d’être captivants. Ils cessent d’être excitants. Ils perdent leur pouvoir distrayant et leur efficacité comme moyen anesthésiant. L’exploitant est très conscient de cette réalité. C’est pourquoi il s’efforce, par sa publicité et l’affichage, de susciter et d’attiser la convoitise du joueur. Ses appareils de jeux le font aussi très efficacement. L’exploitant est un promoteur de la convoitise et un profiteur de cette faiblesse humaine. |
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Remarquez qu’un joueur compulsif ou à problème peut ne pas être pleinement
conscient du rôle de sa convoitise dans sa dépendance du jeu. Le fait qu’il
s’empresse de rejouer ses gains ou qu’il persiste à jouer malgré ses pertes peut
l’induire en erreur. Ce joueur peut apprécier davantage un effet de sa
convoitise que sa convoitise même. Pourtant, renoncer à convoiter ces gains
briserait sa dépendance du jeu. Ce serait d’éteindre l’allumette plutôt que de
combattre l’incendie. Un joueur peut renoncer au jeu par simple compassion, mais je me pose néanmoins cette question : un joueur compulsif, l’exploitant et notre gouvernement sont-ils encore capables de compassion quand il est question du jeu? Quel est le plan de notre gouvernement pour éradiquer cette maladie dont il est un vecteur? Il est impossible pour un joueur de s’abstenir de jouer sans renoncer aux gains occasionnels du jeu. Prendre conscience que les gains qu’il convoite proviennent tous des pertes des joueurs peut lui faciliter ce renoncement. Ce sont les fruits de la misère qu’il convoite. Ces gains viennent de l’appauvrissement des joueurs. Cet argent était peut-être destiné à leur retraite, aux études de leurs enfants, au paiement de leur loyer, ou même à leur budget alimentaire. Une autre bonne raison de renoncer à ces gains est qu’ils ont la fâcheuse habitude de se laisser dépasser par les nombreuses pertes qui les accompagnent. Une dernière raison, celle que je trouve la plus grave, est que la convoitise de ces gains l’expose à une redoutable et très souffrante maladie… une maudite! maladie. Le joueur désire-t-il vraiment manger de ce pain ou courir ce risque? Lui qui connaît les ravages de cette maladie, est-il capable de compassion pour les nombreuses victimes du jeu? Moi, Raoul, joueur compulsif abstinent, je le crois. C’est dans son cœur que le joueur peut puiser la motivation de renoncer au jeu et la détermination à respecter ce choix. Très peu de joueurs compulsifs parviennent à se rétablir sans aide : la maladie a trop progressé chez eux. J’ajoute que tout joueur pour qui le jeu est devenu un moyen de fuir un malaise intérieur a avantage à consulter. L’arrêt du jeu pourrait l’inciter à rechercher d’autres moyens anesthésiants. Cela l’exposerait à d’autres dépendances. Raoul Ps : J’ai plus confiance en les joueurs qu’en mon gouvernement. Je trouve ce dernier si atteint par sa convoitise des profits du jeu que je doute qu’il se rétablisse avant ses victimes. Il continue d’offrir des produits qu’il sait très dangereux. Près de 40% des usagers des loteries vidéo reconnaissent avoir un problème de jeu. Combien d’autres ont aussi ce problème et ne le reconnaissent pas encore? MISE EN GARDE DE L'ÉDITEUR -Veuillez prendre note que les textes suivant, tout comme ceux contenu sous cette rubrique, ne sont que des commentaires et réflexions personnelles et qu'ils n'ont aucune prétention d'être des textes scientifiques ou d'avoir un contenu conforme à la réalité. On ne peut donc conclure à la lecture des ces textes de la malhonnêteté de la Société des loteries vidéo du Québec, de la Société des Casinos du Québec, de Loto-Québec , la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) ou de celle de Robert Ladouceur. Ces textes sont publiés sous toute réserve. |