LA CHRONIQUE DE RAOUL

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Est-il possible de jouer raisonnablement à un jeu de hasard qui nous désavantage?

CHRONIQUE no. 15

Ami lecteur, mes chroniques 13 et 14 sont les textes les plus sévères que j’ai écrits sur les jeux de hasard. Je les ai écrits pour venir en aide aux joueurs compulsifs. Je suis conscient que ces textes peuvent nuire à l’industrie du jeu, mais qu’y puis-je si cette industrie survit grâce à l’avantage qu’elle se donne dans tous les produits qu’elle offre à grand renfort de publicité? Le joueur qui persiste à parier, alors qu’il se retrouve en situation de pertes, prend des risques si peu justifiés qu’ils en deviennent insensés. Il travaille à sa ruine!

Durant le congé des fêtes j’ai pris connaissance d’un article publié dans le New York Times du 19 février 2002 (Note). Imaginez ma surprise de découvrir que des scientistes de la neuroscience et de la médecine voyaient dans la problématique du jeu une prise de contrôle par l’inconscient. Je retrouvais l’automatisme dont j’ai parlé dans ma chronique 13.

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Le joueur qui a compris ce que j’ai voulu exprimer dans mes chroniques 13 et 14 veut cesser de jouer! Si ce joueur avait atteint le niveau de la compulsion, il évitera comme la peste d’enclencher l’automatisme déficient qui le poussait à jouer. Le problème avec un automatisme est que même si on change les idées qui ont prévalu à son adoption, cela ne le modifiera pas pour autant, …. n’est-ce pas Monsieur Ladouceur?

Est-il possible de jouer raisonnablement à un jeu de hasard qui nous désavantage? Ma réponse est non … à moins de faire de cette activité autre chose que ce qu’elle est vraiment (ce qui me semble déraisonnable!). On peut en faire un loisir plus ou moins dispendieux, on peut en faire une taxe volontaire à la condition de ne pas être un joueur compulsif (si c’est compulsif, ce n’est plus volontaire!), etc, mais cela sera toujours risqué et périlleux!

Cela est malsain, car cela doit nécessairement s’accompagner d’un déni ou d’une minimisation des conséquences perverses de cette activité. Ce produit demeure, en dépit du regard que l’on y porte, un jeu de hasard qui désavantage le joueur. De plus, l’acquisition/apprentissage d’un automatisme n’est pas un acte volontaire. Cela ne nécessite que la répétition d’une même routine dans des circonstances qui semblent similaires. C’est comme construire un programme que l’on confie au subconscient. J’ajouterai que ce programme conserve le contenu émotif qui prévalait lors de son apprentissage : c’est le carburant dont il a besoin pour fonctionner.

De nombreux loisirs et de meilleures façons d’aider notre gouvernement existent et représentent de bien meilleurs choix que des jeux qui nous désavantagent.

Raoul

Note : une adaptation de cet article du New York Times peut être consultée sur : http://www.colba.net/~piermon/dependance_plaisirs_dopamine.htm

L’article dans sa version anglaise peut aussi être lu sur le site de Viva Consulting
www.vivaconsulting.com/education/hijacking.html

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