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Comme je n’apprécie pas le travail, je me bornerai à suggérer un
nouveau jeu de hasard plus toxique que tous les misérables petits jeux de hasard
qui amusent les humains. Ils possèdent maintenant la technologie nécessaire pour
réaliser ce jeu. J’ai
remarqué que les humains préfèrent le plaisir au déplaisir. Cette délicieuse
attitude favorise leur tendance à penser davantage à leurs gains qu’à leurs
pertes. Je vais exploiter au maximum cette tendance qui me plait.
A chaque mise de ce jeu, une quote-part sera prélevée pour l’exploiteur. Le
reste constituera une réserve qui sera convertie en un dangereux mélange de
gains et de pertes qui sera servi aux victimes. Elles trouveront ce cocktail si
savoureux qu’elles en consommeront à s’en rendre malades. Voici comment y
parvenir.
Il suffira d’établir un point critique à la réserve. Quand la réserve sera
supérieure à ce point le jeu sera très généreux (quel mot détestable !). Ceci
aura pour effet de multiplier les gains dont les joueurs se souviendront
longtemps et fera rapidement descendre la réserve.
Quand la réserve deviendra inférieure au point fixé, le jeu deviendra très
pingre (quel joli mot!). Ceci multipliera les pertes que les joueurs préfèreront
oublier rapidement et fera remonter la réserve.
Le jeu pourra aussi être plus rentable pour les exploiteurs si les gains ne sont
pas payés systématiquement. Promouvoir la consommation plutôt que la modération,
quelle idée attrayante!
Un taux de retour moyen acceptable pourra être certifié et le caractère
aléatoire du jeu préservé. En effet, il suffirait d’utiliser deux ensembles
distincts de probabilités. Naturellement, vaudrait mieux ne jamais parler des probabilités pour ce jeu.
Les joueurs auront tendance à interpréter les résultats uniquement par le hasard
car presque tous croient que les probabilités sont constantes à tous les
tirages. Comme le point critique sera fréquemment franchi dans un sens et dans
l’autre, un être humain serait incapable de déceler l’astuce sans recourir à un
ordinateur et à l’enregistrement de millions de résultats successifs.
Mieux encore, j’en trouverai de plus puissants pour soutirer aux exploiteurs
leurs profits. A ces puissants j’imposerai le fardeau de soigner les victimes et
de payer de mille manières les conséquences perverses de ce jeu. Finalement,
personne n’y trouvera son profit mais quel
admirable spectacle ce sera!
Convoitise ta perversité est immense, ton projet est superbe!
**** J’espère que
ce premier chapitre de mon conte vous a divertis. Les joueurs, le gouvernement et
l’exploitant sont tous unanimes à déplorer le jeu compulsif. Convoitise
existerait-elle ?
Ingénieux
Dans une usine lointaine, Ingénieux se mit à l’ouvrage pour réaliser l’appareil
de jeux suggéré par Convoitise. Ingénieux avait un long nez mais il n’y voyait
pas plus loin.
Ingénieux comprit que la réserve descendrait plus rapidement qu’elle
remonterait. Il craignit que le joueur se mette à penser à ses pertes plutôt
qu’à ses gains. Le joueur risquerait de se lasser rapidement et de délaisser
trop tôt l’appareil.
Convoitise intervint. Ingénieux , lui suggéra-t-elle, c’est tout simple : ramène
fréquemment la pensée du joueur sur « gains ». Présente lui des « presque gains
» qui ne coûtent rien. Tu pourrais même le faire de façon aléatoire. L’attrait
d’un gain facile l’a amené à l’appareil ; ce même attrait l’y retiendra un
certain temps.
Remarque Ingénieux que le jeu aurait pu fonctionner avec un seul ensemble de
probabilités et l’emploi judicieux des « presque gains ». Cela aurait eu
l’avantage de permettre l’affichage ou la publication des probabilités mais cela
ne m’aurait pas procuré la stabilité de rendement que je recherche pour chaque
appareil. Le hasard est parfois trop capricieux. Oublions ça !
Avant que le joueur ne réalise que ses nombreuses petites pertes s’additionnent
en un montant qu’il n’aurait jamais voulu perdre, son argent sera dans la
caisse. Ne crains pas, il en obtiendra d’autre et reviendra. Il pourrait même en
venir à considérer ses pertes comme de simples retards de ses beaux gains à
venir. Accroché à ce point, il aura grand-peine à s’en libérer.
Finalement, l’appareil fut au point. L’appareil de Convoitise était un splendide
appareil de conditionnement du comportement. La production en série débuta. Au
Québec, le premier gros client fut Criminel. Les appareils lui furent livrés.
Le désastre commençait, le rideau se levait. Convoitise prit place dans sa loge.
La salle était gigantesque, toute la population s’y trouvait. De nombreuses
personnalités étaient présentes ; nous en connaîtrons quelques unes dans les
prochains chapitres. La scène était immense ; tous les joueurs compulsifs et
leurs proches s’y tenaient.
**** Dans un
communiqué officiel, La Régie des alcools, des courses et des loteries déclara :
« Dans le cas des appareils sous le contrôle de Loto Québec, le taux de retour
observé est de 92%, variant de 85 à 98%, selon le montant inséré dans
l’appareil et le jeu choisi par le joueur. »
(le sous-lignage est de moi ; le nombre de tirages successifs observés n’est pas
dévoilé.)
Pouvons-nous libérer notre gouvernement de son
problème de jeu ?
Tous les gens honnêtes et renseignés reconnaissent que le jeu est un problème
qui s’aggrave dans notre société.
Tout problème de la société est aussi un problème de son gouvernement … à moins
bien sûr, qu’en changeant sa loi il n’ait aussi changé sa mission.
Qui se cache derrière le jeu ? C’est Convoitise et nul autre.
C’est sa convoitise qui transforme le joueur en victime et c’est sa convoitise
qui transforme le gouvernement en exploitant. Convoitise est une émotion et
l’idée qui cause cette émotion est : « ce serait un bonne affaire ».
Raoul a appris en thérapie que la meilleure façon de gérer une émotion qui
entraîne un comportement inadéquat est de confronter l’idée qui cause l’émotion.
Si l’idée est irréaliste il est avantageux d’y substituer une idée réaliste.
Pour le joueur la confrontation est facile. Est-ce vraiment une bonne affaire
pour lui de jouer ? Décidément non ! bien au contraire, cela lui est très
nuisible comme le lui prouve son expérience. Tant que cette idée réaliste
demeurera en place le joueur sera protégé de sa convoitise qui l’entraînait à
jouer.
Pour le gouvernement la tâche est plus ardue mais non impossible. Est-ce
vraiment une bonne affaire ? La grasse enveloppe qu’il reçoit de l’exploitant ne
représente même pas l’appauvrissement des joueurs. Quelques milliers
d’enveloppes y manquent et plusieurs frais ont été encourus. La plus
questionnable part de cette enveloppe est assurément celle qui provient des
appareils de jeu. Cette part lui coûtera très cher en dépenses qui auraient pu
être évitées. Est-ce donc si certain que ce soit une bonne affaire ?
L’exercice mérite d’être poursuivi. De plus, ne se place-t-il pas en conflit
d’intérêts dans cette problématique ? Peut être serait-il préférable que le
gouvernement fédéral légifère en la matière ou établisse des balises comme il le
fit pour la santé. Ne serait-ce pas là une excellente occasion pour le
gouvernement fédéral de démontrer aux valeureux Québécois qu’il peut encore leur
être très utile ? Un honorable sénateur (Jean Lapointe) le croit.
Le problème vient du fait que l’on cesse de chercher quand on croit avoir
trouvé.
Rappelons-nous les paroles du président Kennedy : « Ne nous demandons pas ce que
le gouvernement peut faire pour nous, mais ce que nous pouvons faire pour notre
gouvernement ». Pouvons-nous libérer notre gouvernement de son problème de jeu ?
Oui !… en choisissant résolument l’abstinence, nous le pouvons !
Tout n’est pas si simple. Nous le verrons au prochain chapitre
Affreuse Exploitation du Jeu (AEJ)
90% des joueurs recherchant de l’aide relient les appareils électroniques de
jeux (AEJ) à leur problème.
Si tu fais partie de ce nombre, permets moi de te poser une question :
Jouerais-tu si l’appareil était totalement silencieux et qu’en plus de la banque
de crédits, l’unique affichage était : « vous avez perdu votre mise de $ et vous
avez gagné $ » ?
Remarque que les gains seraient identiques à ceux des appareils actuels.
Si ta réponse est Non tu viens de te prouver que tu es victime des renforcements
secondaires de ce type de jeux (les renforcements primaires étant les gains). Tu
reconnais que si le jeu était dépouillé de ses renforcements secondaires tu
pourrais surmonter ton illusoire espoir de gagner.
Les renforcements secondaires n’affectent aucunement les gains. Ils regroupent
les moyens, les trucs et les astuces imaginés par le concepteur pour maintenir
l’intérêt du joueur. Les gens ont tendance à sous-estimer leur puissance. Sans
eux, les AEJ auraient été délaissés depuis longtemps. Ce sont eux qui attirent
encore le joueur alors même qu’il sait que ce n’est pas là qu’il fera fortune…
au contraire, il est en train d’y laisser sa chemise.
Il est nullement nécessaire de disséquer chacun de ces renforcements. Pas plus
qu’il n’est nécessaire de couper en morceaux une pomme pourrie et de peser
chaque morceau avec soin avant de la jeter. Je te déconseille même l’exercice
pour deux raisons : 1) les renforcements secondaires sont très nombreux et tu
risquerais d’en oublier. 2) chacun des renforcements pris isolément ne semble
pas si terrible ; c’est l’accumulation de ces renforcements et leurs actions
combinées qui les rendent dangereux.
Le concepteur du jeu, le fabricant de l’appareil, l’exploitant qui l’offre à la
population et l’institution qui supporte l’exploitant sont tous responsables des
renforcements secondaires utilisés.
Toi, tu es responsable d’y avoir joué. Remarque que ton comportement est
compréhensible si tu n’as pas été prévenu du danger des renforcements
secondaires. Cependant, c’est toi qui te retrouves avec le problème. Tu es donc
le premier intéressé à y mettre fin.
La première chose à faire est naturellement de ne plus jouer. J’admets avec toi
qu’il n’est pas aisé de surmonter un pareil conditionnement. N’oublie pas que de
l’aide existe ; n’hésite pas à t’en servir. Ce n’est pas très flatteur pour
notre ego de reconnaître que nous avons été dressés par une machine et son
programme. C’est encore plus amer de réaliser que nous étions assidus à nos
séances de dressage.
Toutes les thérapies pour joueurs recommandent de trouver des substituts au jeu.
Je mets dans un gros sac vert ceux qui osent proposer le jeu modéré ou
responsable comme un substitut valable. Malheureusement, les éboueurs tardent à
passer.
Au Québec, les joueurs d’AEJ ont perdu environ $1.5 milliard en 2002. C’est
énorme ! Le gouvernement et l’exploitant savent très bien que la majorité du
temps, ce sont des personnes qui présentent déjà des symptômes du jeu compulsif
qui y jouent. C’est scandaleux ! C’est offrir de l’assistance à la maladie !
Bon courage et ne tarde pas à reprendre le contrôle de ta vie.
Chapitre 4
(suite)
Je suis allé très loin dans ma maladie. Depuis quelques années, à chaque rechute
je prie Dieu de venir me chercher ou de me donner la force de demeurer
abstinent.
Ce ne sont pas les pertes matérielles qui m’ont amené au seuil de cette
frontière. Elles n’avaient pas sur moi ce pouvoir. C’est la perte de ma liberté
face à cette maudite compulsion du jeu à la loterie vidéo qui l’a fait.
Non ! Monsieur Ladouceur, les connaissances du jeu ne suffisent pas à guérir
tous les joueurs compulsifs. Quand le jeu est vraiment devenu compulsif, c’est
autre chose qu’il faudrait… mais quoi ? Mes connaissances en matière de
déconditionnement sont très limitées.
Que l’on accueille demain les joueurs les plus atteints en institution fermée de
durée indéterminée et je serai le premier pour y signer mon admission. Mon
épouse m’y visiterait régulièrement, à moins qu’elle ne change radicalement.
Messieurs nos gouvernants, c’est un crime contre l’humanité que vous commettez
en exploitant ces AEJ. Ma grande erreur fut de croire que mon gouvernement ne
mettrait pas à la disposition de la population, quelque chose de très dangereux.
J’ai manqué de méfiance messieurs à votre endroit... mea culpa !
L’homme peut être dressé tout comme un animal. C’est ce que font ces appareils.
Pour certains c’est rapide, pour d’autres c’est plus lent. Peut-être que
certains sont réfractaires au conditionnement… je ne sais pas.
Pour l’instant, je crois que tous ceux qui persisteront à jouer sur ces
appareils deviendront éventuellement compulsifs. Ceux qui ont su jouer avec un
certain contrôle y ont joué plus longtemps. Ils ont donc été davantage exposés
au conditionnement de l’appareil, … aux renforcements primaires et secondaires.
Jubilez messieurs ! Comme perversité ou aveuglement on peut difficilement faire
mieux. Souriez donc ! en allant déposer notre argent à la banque.
Ces sensations et émotions que procurent les AEJ et que l’Institut national de
santé publique montre comme un effet bénéfique des AEJ pour le joueur, ce sont
elles qui le priveront peu à peu de sa liberté.
Je prie pour vous messieurs car ma foi me dit que Dieu accorde autant
d’importance à votre salut qu’au mien. Celui en qui je croirai jusqu’à ma mort
qui ne sera pas par suicide, a peut-être permis cette rechute que j’espère la
dernière pour que j’écrive ce chapitre. Qui sait ?
De grâce ! Faites en sorte que demain 300,000 autres personnes ne viendront pas
prendre la succession des 150,000 malades actuels.
Votre frère Raoul
Ps. Mon épouse vient de lire mon chapitre
5 et elle me dit qu’elle n’accepterait pas que je me laisse enfermer. Elle dit
que j’ai trop d’allure quand je ne joue pas.
Chapitre 4 (fin)
Il n’existe aucun doute dans mon esprit que ce qui rend un joueur compulsif aux
AEJ ce sont les sensations et émotions qu’il ressent lorsqu’il joue. Les
renforcements primaires et secondaires du jeu sont les grands responsables de
ces sensations et émotions. Ces cadeaux empoisonnés du jeu correspondent aux
sensations que peut ressentir un toxicomane lorsqu’il consomme.
Ceci ne nie aucunement qu’il puisse être très avantageux de découvrir ce qui
nous a conduits à commencer à jouer. Cela pourrait nous permettre de régler un
problème plus profond et nous éviterait d’adopter un autre comportement
compulsif . Pour ce travail je conseille de demander de l’assistance
thérapeutique. Les progrès sont plus rapides et assurés qu’en tentant d’agir
seul.
Si tu joues encore à la loterie vidéo, permets moi d’attirer ton attention sur
quelques points.
On évite avec soin d’utiliser les mots perte ou perdre avec ces appareils. On
emploie les mots gain, gagner ou mise. Au lieu du mot mise je te conseille
fortement de lire « perte ». Avec ces appareils ce terme est plus exact car même
lorsque tu gagnes, on ne te remet jamais ta mise. On te présente comme gain tout
gain, même s’il est inférieur à la mise. Donc tu aurais avantage à substituer
mentalement le mot « perte » à « mise » à chaque fois que tu lis ce mot.
De plus, toutes tes pertes à ce jour ont transité par cette case improprement
titrée « mise » ou correctement titrée mais totalement ignorée par la suite. Ex
: lorsque tu gagnes 1 seul crédit on ne te rappelle pas que tu avais misé 5 ou
10 crédits, mais on te dit que tu as gagné un crédit sans même que l’écran
rougisse de honte. Cela pourrait t’aider à acquérir une perception plus juste de
ce type de jeu.
La probabilité de gagner un lot donné à ce jeu n’est jamais publiée. Voici un
point de vue que je te propose : pour chaque gain de 200X la mise, 216 mises
(pertes) sont requises (taux de retour de 92%). Pour chaque gain de 100X la mise
, 108 mises (pertes) sont requises… et ainsi de suite. Tu peux constater qu’il y
a énormément plus de tirages perdants que de tirages gagnants. Il m’est souvent
arrivé de perdre $500 ou $1000 sans voir l’ombre d’un gain supérieur à $100.
Ne te laisses pas abuser par le taux de retour de 92%. Un seul montant devrait
retenir ton attention : le coût de cette dispendieuse activité pour toi depuis
que tu t’y adonnes. Plus tu as joué et plus tu as perdu. Plus tu joueras et plus
tu perdras encore. Persister dans cette activité, c’est courir à ta perte.
Tu n’y joues pas seulement ton argent, tu y joues ta qualité de vie et celle de
ceux qui dépendent de toi. Choisis l’Abstinence avant qu’il ne soit trop tard.
Ton ami Raoul
Un système d’exclusion quasi involontaire
!
Si vous rejouez à la loterie vidéo, vous pourriez :
Ne pas respecter le rythme de jeu de l’appareil et compter entre chaque tirage
le nombre de secondes que vous pouvez attendre.
Apporter des bouchons d’oreilles afin de vous protéger des agressions auditives.
Fermer les yeux durant le déroulement du jeu. Cela vous protègerait
partiellement des agressions visuelles et reposerait vos yeux.
A chaque gain, penser à vos pertes à vie à ce jeu.
A chaque perte, penser que cet argent aurait très bien pu demeurer dans votre
poche.
Choisir un jeu à $.05 du crédit et miser un seul crédit par tirage. L’appareil
le permet ; vous perdrez quand même mais beaucoup plus lentement.
Apporter des rouleaux de $1. plutôt que des billets de $20. pour jouer.
Encaisser chaque gain si minime soit-il. Ainsi, vous vous protègeriez de miser
plus que vous aviez l’intention de le faire. Vous pourriez aussi dire que vous
aimez le principe des machines à sous.
Remarquez que ce ne sont pas des conseils que je vous donne. Ce sont simplement
des possibilités légalement permises que je ne fais qu’énoncer.
Si quelqu’un vous demande ce que vous faites, vous pourriez répondre que vous
jouez avec grande modération respectant ainsi la campagne de Loto Québec. Si le
détaillant vous invite à céder votre place à un autre joueur qui attend,
profitez de l’occasion pour mettre fin à cette malheureuse rechute : la première
qui se présente est la meilleure à saisir.
Si vous remarquez à votre prochaine visite que l’accueil s’est refroidi, rien ne
vous oblige à fréquenter cet endroit.
Il se peut que vous trouviez cette façon de jouer très ennuyante et même
désagréable. Cela ne peut que vous être avantageux pour vous faciliter le
meilleur des choix : l’abstinence de toute activité qui vous est nuisible.
Souriez ! la vie peut être belle quand on ne la gaspille pas.
La transparence tuerait-elle la loterie vidéo ?
Une question m’intrigue depuis fort longtemps : « Pourquoi les exploitants
gardent-ils tous le silence sur les probabilités à la loterie vidéo » ? Pourquoi
cette consigne généralisée du silence ? La transparence tuerait-elle cette
loterie ?
Qu’est-ce qui ne doit absolument pas être dit ?
J’ai demandé à Loto Québec si les probabilités étaient variables à la loterie
vidéo (voir l’Annexe de ce chapitre).
Loto Québec n’a pas répondu à ma question. Ils m’ont simplement assuré qu’après
des millions de parties jouées, le taux de retour moyen serait atteint.
Cela ne m’a pas rassuré. Cela ne garantit nullement que des millions de tirages
ne sont pas vendus où le joueur aurait pratiquement aucune chance de remporter
le lot de $500 ou d’autres lots importants. Si de tels tirages avaient lieu,
seraient-ils considérés frauduleux ? Même si d’autres tirages étaient
particulièrement généreux, ces derniers justifieraient-ils les premiers ?
Si je volais les uns pour donner aux autres, ne me retrouverais-je pas en prison
? Même si je pouvais prouver que j’en ai redonné 92% cela ne me mettrait pas à
l’abri de poursuites.
A ma connaissance, Loto Québec n’a jamais affirmé que les probabilités
demeuraient constantes à tous les tirages avec ces appareils. Je me suis demandé
si Monsieur Ladouceur l’avait affirmé. J’ai cherché dans les textes qui me
furent remis lorsque j’ai suivi ma thérapie. J’avais presque cru avoir trouvé.
Voici la phrase en question : « Peu importe les actions du joueur, à chaque jeu,
mise ou tirage, la même probabilité de gagner s’offre à lui. »
Malheureusement, la première partie de la phrase restreint énormément la portée
de la seconde. Mes excuses Monsieur Ladouceur ! vous ne vous êtes pas aventuré
aussi loin.
Les appareils de loterie vidéo de Loto Québec sont-ils
illégaux ?
Selon la loi, l’appareil de loterie vidéo ne doit pas permettre de mise
supérieure à $2.50.
L’option de doublage offerte pour certains jeux permet au joueur de tenter de
doubler son gain. Ce gain peut être n’importe quel gain venant d’être accordé.
Il peut valoir : $10, $50, $100, $250….
Le joueur qui utilise cette option mise nécessairement son gain en espérant le
doubler. Pour gagner il doit deviner correctement la couleur de la carte
suivante. Ce n’est pas un gain hypothétique que mise le joueur. C’est le gain
que le jeu lui a accordé et qu’il pourrait choisir d’encaisser.
J’ai souvent vu des joueurs utiliser systématiquement cette option du doublage
pour tout gain supérieur à 50 crédits, soit $12.50. J’en ai vus souvent perdre
ou gagner $200 sur une seule carte.
Par cette option l’appareil permet donc des mises beaucoup plus élevées que
$2.50. Cependant Loto Québec continue d’affirmer qu’une mise maximum de $2.50
s’applique à ses appareils de loterie vidéo. Par quelle bizarre interprétation
peut-elle tenir ce discours ? Même en prétendant que le doublage serait une
extension du tirage précédent qui lui n’autorisait qu’une mise maximale de
$2.50, ce discours ne tiendrait pas la route car l’extension serait alors
illégale du fait qu’elle permettrait des mises supérieures à $2.50.
A moins que le doublage ait été approuvé comme exception à cet article de la
loi.
Ignorant si c’est le cas, je pose la question : « Les appareils de loterie vidéo
de Loto Québec sont-ils illégaux ? Qu’advient-il de la protection du citoyen
quand le propriétaire de l’exploitant détient un pouvoir législatif ?
Dissimulation
Dissimulation est une comparse de Convoitise qu’elle accompagne fréquemment. Le
rôle de Dissimulation est d’amener les gens à croire ce qu’elle veut qu’ils
croient. On ne voit jamais Dissimulation mais on peut la pister. C’est un
travail ardu car ce qu’il faut trouver c’est du non-dit et du non-fait qui
seraient nuisibles aux objectifs recherchés par celui qui s’exprime.
Convoitise est une émotion alors que dissimulation est un comportement sournois.
Je déteste Dissimulation car je vois ce qu’elle fait à la population, aux
joueurs, à l’exploitant et ses alliés, et finalement au gouvernement.
Je vous ai déjà mentionné comme non-dit les probabilités dont on ne parle jamais
à propos des appareils électroniques de jeux.
Je vous propose un deuxième non-dit. On évite avec soin de chiffrer les pertes
financières directes des joueurs. Celles-ci doivent pourtant être
remarquablement près des revenus bruts de l’exploitant. Souvent on noiera le
poisson en mentionnant : problèmes financiers… comme si ceux-ci étaient
inchiffrables.
Cela associerait trop l’exploitant aux préjudices des joueurs. Cela nuirait à
son image et à celle de son unique propriétaire. On préfère énumérer des effets
préjudiciables secondaires et parler de la maladie des joueurs. Qu’importe si le
lecteur risque de faire porter tout le blâme sur le joueur en court-circuitant
le rôle du gouvernement. Ce n’est pas à eux de penser pour le lecteur n’est-ce
pas?
Ceci n’est qu’un exemple de l’influence de Dissimulation. Comprenez-vous mieux
pour quoi je la déteste ? Elle ne respecte même pas nos organismes les plus
utiles et les plus dignes de notre confiance. Il faut beaucoup de vigilance pour
se garder de ses méfaits.
Je n’accuse personne hormis Dissimulation et Convoitise qui ne sont pas des
êtres humains. Les humains peuvent être : victimes, complices, confiants,
compétents ou incompétents, etc…, ou encore des gens dont on a limité le droit
d’expression ou le droit à l’information. Je miserais gros sur ces deux
dernières possibilités. Que voulez-vous , il reste un peu du joueur en moi.
Un "jeu"
beaucoup plus accrocheur
Un jeu de hasard à probabilités variables pourrait être beaucoup plus accrocheur
qu’un jeu à probabilités constantes. Un tel jeu permettrait d’alterner des
périodes particulièrement généreuses à des périodes de pingrerie du jeu.
Le joueur qui aurait bénéficié de périodes où le jeu aurait été particulièrement
généreux risquerait de récolter une perception très erronée de ce jeu. La
magnitude et la concentration des gains risqueraient de l’impressionner
davantage que le faible mécontentement ressenti lors de ses nombreuses petites
pertes.
Ses nombreuses petites pertes représenteraient un plus gros montant que ses
gains mais l’intensité des sensations et émotions ressenties lors des périodes
de gains risquerait de lui laisser un souvenir très vivace. Cela l’habituerait à
focaliser sur ses gains au détriment d’une perception globale réaliste de son
comportement de joueur.
********
Pour son rétablissement, le joueur doit apprendre
à ne plus focaliser sa pensée sur ses gains. La moindre distraction, le moindre
regard distrait sur l’annonce d’un site de jeu pourrait lui occasionner une
rechute. Le joueur compulsif est condamné à une vigilance de ses pensées sur le
jeu. Les souvenirs des sensations et émotions ressenties lors de ses gains
jouent contre lui.
Quand survient le goût de jouer il doit développer le réflexe d’élargir
immédiatement son champ de perception pour y inclure les conséquences perverses
de cette activité.
Un amendement s’impose!
(La
probabilité de tout lot doit être
garantie constante)
Si Loto Québec décidait de tirer un numéro de moins à un tirage de la 6/49 afin
d’éviter d’accorder le gros lot, ceux qui auraient acheté un billet pour ce
tirage crieraient à la fraude et exigeraient réparation.
Qu’en est-il des appareils électroniques de jeux? La loi protège-t-elle le
joueur de tirages de ce genre? Aucunement! La loi actuelle fixe un barème pour
des millions de tirages sans toutefois définir les règles qui assureraient
l’intégrité et l’honnêteté de chaque tirage individuel. Chaque fois que le
joueur presse le bouton JOUER l’appareil effectue un tirage sans témoin.
Un simple amendement à la loi qui exigerait que la probabilité de tout lot
demeure constante à chaque tirage d’un jeu résoudrait ce problème. Le caractère
aléatoire du jeu étant déjà attesté.
Cet amendement n’ajoutera aucun coût à l’exploitant si ses appareils respectent
déjà ce
critère qui est généralement reconnu essentiel pour une honnête loterie.
Cet amendement rendrait illégal tout appareil qui aurait recours à des
probabilités variables pour un lot.
Cet amendement assurerait à tous les joueurs de ces appareils que chaque tirage
est tout aussi honnête et intègre que ceux des autres loteries telles: la Mini,
la 6/49 , la super/7, …. pour lesquelles les probabilités demeurent constantes à
tous les tirages. La loi et l’attestation de conformité à la loi du ministère de
la Sécurité publique suppléeraient à l’absence de témoin.
Cet amendement est urgent. Je dirais même qu’il s’impose vu que ces tirages se
déroulent sans témoin.
Il serait avantageux de le savoir!
Que vaut une attestation de conformité à une loi boiteuse? La loi actuelle sur
les appareils de loterie vidéo ne définit pas les critères d’un honnête tirage.
L’amendement que j’ai proposé au chapitre précédent le ferait.
Si les appareils actuels respectent déjà cet amendement, je ne vois que des
avantages à son adoption rapide:
Le gouvernement confirmerait par sa loi l’honnêteté et l’intégrité de chaque
tirage effectué sur les appareils qu’il a légalisés.
Loto Québec bénéficierait d’une reconnaissance légale que ses appareils
n’offrent que des tirages aussi honnêtes que ceux de ses autres loteries.
Monsieur Ladouceur qui a décidé de ne pas aborder le sujet des probabilités
variables et conditionnées dans sa thérapie verrait son jugement et sa thérapie
brillamment confirmés sur cette décision.
Finalement la population aurait l’assurance légale que seuls, le hasard et des
probabilités constantes à tous les tirages déterminent les résultats sur ces
appareils, tout recours à des probabilités variables étant prohibé par la loi.
Par contre, si les appareils actuels de loterie vidéo ont recours à des
probabilités variables, il me semblerait équitable envers la population et plus
spécifiquement les joueurs que le gouvernement et l’exploitant le reconnaissent.
Dans ce cas, une révision importante de la thérapie de Monsieur Ladouceur
s’imposerait, car cette thérapie semble accepter la prémisse de probabilités
constantes pour la loterie vidéo et les machines à sous.
Toujours selon cette éventualité, l’amendement que j’ai proposé serait
difficilement acceptable car il entraînerait des coûts très élevés:
- les appareils devraient être modifiés ou remplacés
- il pourrait s’avérer nécessaire d’installer un guichet payeur de bons
d’encaissement à chaque petit site
- une baisse de revenus serait prévisible
- les appareils, étant moins accrocheurs, seraient probablement moins
prolifiques en joueurs compulsifs.
Une illusion de jugement
Le point fort de la thérapie de Monsieur Ladouceur est, selon moi, très mal
exploité car il ne s’accompagne d’aucune explication, d’aucun texte, d’aucun
commentaire. Il est perçu comme une amusante distraction lors de la thérapie.
Je parle d’un dessin que l’on nous montre où on voit le portrait d’une jolie
jeune dame. En regardant avec soin on discerne un autre visage plus grand que le
premier, d’une dame âgée aux traits beaucoup moins attrayants. L’artiste a si
bien réussi a mettre en évidence le portrait de la jeune dame que c’est lui que
l’on revoit à chaque nouveau regard à l’illustration. A chaque fois, il faut un
effort pour revoir le visage de la vieille.
Je trouve l’analogie très révélatrice sur le problème du jeu compulsif aux
appareils électroniques de jeux (AEJ). En associant nos pertes au visage de la
dame âgée et nos gains au visage pourtant plus petit de la jeune, nous
comprenons mieux l’illusion dont nous fumes victimes.
Les concepteurs d’AEJ ont vraiment réussi à présenter une image si biaisée de
ces jeux que de nombreux usagers en ont récolté une perception très erronée avec
les conséquences perverses que nous connaissons. Tout dans ces appareils
contribue à souligner les gains. On présente toujours ce seul côté de la
médaille. Il appartient strictement au joueur d’y projeter ses pertes. Cela
exige un effort mental, un vrai travail, lorsqu‘il s’adonne à cette activité
sensée être un divertissement, une distraction.
Autrement, le joueur risque d’accepter, presque à son insu, la perception du jeu
que lui suggère l’appareil tout comme nous devenons victimes d’une illusion
d’optique devant un dessin conçu à cette fin.
L’analogie entre l’illusion d’optique et le problème du jeu compulsif est si
riche que je suis surpris que Loto Québec ne se soit pas objectée à la
présentation de cette illustration. Vous leur en avez passé une petite vite sous
le nez, Monsieur Ladouceur!
Mystère et boule de gomme!
Je fais une nette distinction entre excessif et compulsif. Pour moi, dire d’un
joueur qu’il est excessif, c’est dire qu’il joue trop. Cela relève purement d’un
jugement personnel, cela dépend du point de vue et de la situation de chacun.
Pour un multimillionnaire, le trop ne se situe peut-être pas au même niveau que
pour une personne de revenu modeste. Pour l’épouse du multimillionnaire, le trop
commence peut-être quand elle juge que son mari consacre trop de temps au jeu.
Pour un statisticien et pour un nombre de plus en plus réduit de personnes, le
trop, c’est de jouer. L’espérance de gain négative ou la simple constatation des
conséquences du jeu chez d’autres personnes suffit à ces sages.
Je réserve le mot compulsif au joueur qui ne maîtrise plus son comportement de
jeu, au joueur qui veut changer son comportement et n’y parvient pas.
Monsieur Ladouceur emploie rarement le terme « compulsif » ; il préfère utiliser
le mot « excessif ». Pourquoi?
Veut-il nous indiquer qu’il ne croit pas à la compulsion?
Veut-il nous indiquer que sa thérapie est conçue pour les joueurs excessifs
seulement? Dans ce cas, quand nous livrera-t-il une thérapie pour joueurs
compulsifs?
Veut-il nous indiquer que pour lui, l’excès ne commence qu’à la compulsion?
Quelle autre raison pourrait-il avoir?
Mystère et boule de gomme!
Êtes-vous accroché au jeu ou êtes-vous accroché aux sensations et
émotions que vous vous procurez par le jeu?
Je pose la question car j’ai longtemps confondu les deux. J’étais tellement
accroché aux sensations et émotions que j’éprouvais en jouant que j’ai suivi la
thérapie de Monsieur Ladouceur sans profit notable. Mon rétablissement a
commencé quand j’ai pris conscience de cet aspect de mon problème et que j’ai
réagi en conséquence. J’ai suivi deux thérapies sur la gestion des émotions.
Monsieur Ladouceur impute les problèmes du jeu excessif aux idées irréalistes
que le joueur entretient sur le jeu. Dans mon cas, cette thérapie enfonçait le
mauvais clou. Si vos idées sur le jeu sont réalistes et que vous avez encore de
sérieuses difficultés à modifier votre comportement de jeu, ma question mérite
d’être considérée.
Plusieurs joueurs compulsifs reconnaissent que le goût de jouer est leur pire
ennemi car c’est lui qui les pousse encore à jouer. Pourtant ces joueurs
reconnaissent que jouer leur est nuisible. Puisqu’ils sont conscients que ce
comportement leur est nuisible qu’est-ce qui peut encore leur donner le goût de
jouer sinon les sensations et émotions qu’ils éprouvaient en jouant? Les
sensations et émotions jouent un rôle important dans la plupart des dépendances.
Des personnes différentes peuvent adopter un comportement inadéquat pour
diverses raisons. Je ne suis pas un spécialiste mais je me demande si un
diagnostic ne serait pas une bonne idée avant de prescrire le remède. N’hésitez
surtout pas à consulter. Cela pourrait vous épargner de longs détours vers votre
rétablissement.
On peut gérer nos émotions en confrontant les idées qui les causent. Pour les
sensations les choses se passent différemment. Nous ignorons souvent les causes
réelles et les mécanismes impliqués dans nos sensations. Sommes-nous pour autant
totalement démunis face à elles? Pas du tout! Nous pouvons remettre en question
les jugements que nous portons sur nos sensations.
Est-il sensé d’accorder à nos sensations (excitation) autant de pouvoir sur le
choix de nos comportements? Sommes-nous obligés de leur accorder l’importance
que nous leur accordons? Allons-nous leur laisser encore longtemps le contrôle
de notre vie? Il ne s’agit pas de nier nos sensations mais de les remettre à
leur juste place, de les accepter pour ce qu‘elles sont: des sensations plus ou
moins intenses.
Nous pouvons éviter d’éprouver de telles sensations en nous abstenant de ce qui
nous les procure: que ce soit jouer ou anticiper jouer. Comment avons-nous
réussi à nous abstenir d’autres comportements inadéquats? Nos réponses
pourraient nous fournir d’utiles indices sur la stratégie que nous pourrions
adopter envers le jeu.
Notre abstinence est une option avantageuse pour nous et nuisible pour
l’exploitant. N’attendons pas de l’exploitant ni de ses alliés qu’ils en fassent
une vigoureuse promotion. Promouvoir la modération c’est encore promouvoir une
certaine consommation. Que diriez-vous de quelqu’un qui suggèrerait à une
personne allergique au beurre d’arachides d’en faire une consommation modérée?
Notre intelligence et notre raison sont des guides beaucoup plus fiables que nos
sensations et nos émotions pour choisir nos comportements.
Beaucoup d’idées irréalistes sur nos émotions, nos sensations (excitation) et
sur l’abstinence peuvent jouer un rôle très important dans notre problème.
Conclure que seules des idées irréalistes sur le jeu peuvent être en cause me
semble très irréaliste.
Une attitude hypocrite et révoltante
Je ne peux pas qualifier autrement l’attitude de notre gouvernement face aux
appareils électroniques de jeux (AEJ).
Notre gouvernement semble oublier qu’il avait le devoir de faire respecter sa
loi alors que ces appareils étaient illégaux. Détenant un pouvoir législatif, il
aurait pu augmenter les pénalités et démontrer plus de rigueur pour faire
respecter sa loi. S’il avait voulu laisser le crime organisé développer ce
lucratif marché pour lui, il n’aurait pas agi autrement qu’il l’a fait. (Note 1)
La prépondérance des joueurs compulsifs chez les usagers de ces appareils ne
peut plus être mise en doute. 90% des joueurs recherchant de l’aide relient les
AEJ à leur problème de jeu. Selon l’Institut national de la santé publique du
Québec, 42% des joueurs d’AEJ présentent des symptômes relatifs au jeu
pathologique. Assumant que ces joueurs consacrent trois fois le temps des autres
joueurs à ces jeux (ce qui me semble très conservateur), ils représenteraient
68% de la clientèle active de ces appareils. C’est donc à une clientèle malade
ou à risque que l’exploitant vend majoritairement ces produits.
L’exploitant et son unique propriétaire évitent d’inclure dans leurs
statistiques les innocentes victimes du jeu. Ils ne chiffrent pas les conjoints,
les enfants, les parents, les amis et même les employeurs qui se trouvent lésés
par ce fléau. Je trouve cela hypocrite et sournois.
Pourtant, si quelqu’un peut justifier l’interdiction de ces appareils, ce sont
bien ces innocentes victimes. C’est peut-être la raison pour laquelle le
gouvernement et l’exploitant en parlent si peu. Ils continuent d’exploiter ces
maudits appareils. Ils continuent d’en permettre la promotion par l’affichage
alors qu’ils n‘ignorent pas qu’environ une personne sur vingt de la population
du Québec s’en trouve lésée.
Notre gouvernement et l’exploitant savent très bien qu’au moins la moitié des
victimes du jeu sont des conjoints et des enfants qui ne jouent pas.
Je termine ici ce chapitre car je souffre de nausées ce matin.
Note 1. Relire mon texte:
L’étonnante puissance des appareils légaux (disponible aux
archives)
Rassurez-nous Messieurs nos législateurs!
Comme l’a judicieusement écrit Monsieur Ladouceur: « L’indépendance des tours
constitue la condition essentielle afin de classifier un jeu comme un jeu de
hasard. »
Or la loi actuelle sur les appareils de loterie vidéo ne nous garantit pas que
l’indépendance des tours est respectée par ces appareils. L’amendement que j’ai
mentionné au chapitre 10
règlerait ce problème.
Nous, les joueurs compulsifs à ces appareils avons assez souffert sans que plane
sur nous la menace d’être un jour reconnus comme les gogos d’une immense
arnaque.
Messieurs donnez-nous l’assurance que la loterie vidéo et les machines à sous
sont d’honnêtes jeux de hasard qui respectent l’indépendance des tours.
Donnez-nous l’assurance que ces appareils n’ont pas recours à des probabilités
variables pour un même lot.
Un jeu qui aurait recours à des probabilités variables pourrait être très, très,
très accrocheur. Un tel jeu pourrait donner fréquemment l’impression d’être
payant. Il pourrait donner cette impression beaucoup plus souvent que le ferait
un jeu à probabilités constantes qui ne devrait qu’au seul hasard, les
occasionnelles séquences généreuses qu’il accorderait. Un tel jeu puiserait dans
des périodes de pingrerie les argents qui lui permettraient de se montrer
ensuite généreux. Naturellement, cette générosité n’irait pas jusqu’à mettre en
danger la rentabilité de l’exploitant.
Un tel jeu serait très fertile en joueurs compulsifs. Cela est compréhensible
car s’il est difficile de croire sans voir, ils est aussi très difficile de ne
pas croire ce que l’on a vu. Le joueur qui aurait été témoin de cette
générosité, qu’il en ait été ou non le bénéficiaire, aurait de la difficulté de
ne pas y croire.
Un tel jeu ne mériterait pas d’être classifié comme un jeu de hasard car il ne
respecterait pas l’indépendance des tours.
Si de tels jeux étaient offerts à la population, la plus élémentaire honnêteté
exigerait qu’un avis semblable au suivant y soit affiché:
« Les jeux offerts sur cet appareil ne sont pas des jeux de hasard. Ils
fonctionnent selon d’autres règles. »
En quoi donc consisterait l’arnaque si de tels jeux retournaient le taux de
retour promis et si le caractère aléatoire des jeux était confirmé?
L’arnaque consisterait d’offrir de tels jeux en laissant croire qu’il s’agit de
jeux de hasard alors qu’ils n’en seraient pas et qu’ils seraient en réalité des
jeux plus fertiles en joueurs compulsifs que d‘honnêtes jeux de hasard.
Rassurez-nous Messieurs nos législateurs en amendant rapidement la loi ou
exprimez votre désaccord avec Monsieur Ladouceur et la vaste majorité de la
population sur la définition d’un honnête jeu de hasard.
Ce jeu donne l’impression d’être
payant.
La loterie vidéo est un jeu qui n’exige aucune adresse : un singe dressé
pourrait y jouer. Quant à l’intrigue, le moins que l’on puisse en dire est
qu’elle est misérablement pauvre : aucune histoire, aucune énigme… rien d’autre
qu’un peu d’animation artificielle pour afficher le résultat d’un tirage passé.
Un tel jeu ne présente aucun attrait intéressant hormis la possibilité d’y
gagner. Or, le gros lot de cette « loterie » est de $500, montant qui peut
facilement se perdre en moins de deux heures de jeu. Tous ceux qui jouent
régulièrement à cette « loterie » y perdent de l’argent.
Comment un tel jeu peut-il être si accrocheur? Comment peut-il être si fertile
en joueurs excessifs, problématiques, pathologiques ou compulsifs?
J’ai trouvé une seule réponse logique à cette question : Ce jeu donne
l’impression d’être payant. Or, je connais un seul moyen pour qu’un jeu donne
fortement cette impression. C’est celui de recourir à des probabilités
variables. Puiser dans des périodes de pingrerie les argents nécessaires pour
ensuite se montrer généreux est le seul moyen que j’ai pu imaginer.
La loi actuelle sur les appareils de loterie vidéo n’interdit pas l’usage de
probabilités variables. Quand j’ai posé la question à Loto Québec si cette
loterie utilisait des probabilités variables on m’a répondu par l’habituel laïus
sur le taux de retour moyen. Remarquez toutefois que les affirmations de Loto
Québec sur le taux de retour moyen certifié sont parfaitement compatibles avec
une telle utilisation.
Quant à Monsieur Ladouceur, je vous avouerai humblement que je suis incapable de
lui faire confiance. Un « thérapeute » qui trouve le moyen de dire plus de bien
de cette « loterie » que l’exploitant et la loi, me semble éminemment suspect.
Est-ce un effet secondaire de ma maladie? Je ne saurais le dire.
Remarquez que je suis un être humain faillible et imparfait. La preuve pour n’en
nommer qu’une, est que je me suis laissé prendre à cette « loterie ».
Cependant, à tort ou à raison, j’ai pensé que vous trouveriez intéressant et
peut-être même utile, de connaître le point de vue d’un joueur qui est devenu
compulsif à cette « loterie » et qui est parvenu à surmonter sa dépendance en
choisissant l’abstinence.
Aujourd’hui le 5 octobre 2003, se termine mon livret sur la
loterie vidéo.
Je souhaite à tous les joueurs compulsifs, pathologiques ou excessifs un prompt
rétablissement.
Je souhaite à leurs proches de retrouver bonheur et joie de vivre.
Je souhaite à Loto Québec que de bons produits ne nuisant pas à ses clients.
Je souhaite à mon gouvernement de sains revenus qui lui permettront d’assumer
ses obligations.
Je souhaite à tous les intervenants de la santé une approche thérapeutique de
plus en plus efficace pour aider les joueurs.
Je remercie ma famille et tous ceux et celles qui m’ont aidé à me rétablir.
Un très grand MERCI à Alain Dubois pour son site humanitaire www.jeu-compulsif.info.
Soyez heureux! Votre bonheur fera du bien à ceux qui vous aiment.
Raoul
Ps. Tout droit de reproduction intégrale accordé sans en faire la demande.
Ps. Prochainement... ce livret sera disponible en version téléchargeable
Raoul,
un joueur compulsif
abstinent
Chapitre 1: Convoitise
|
Chapitre 2: Ingénieux
|
Chapitre 3: Pouvons-nous libérer notre gouvernement de son
problème de jeu ?
| Chapitre 4:
Affreuse Exploitation du Jeu
|
Chapitre 5:
Un système d’exclusion quasi involontaire !
|
Chapitre 6: la transparence tuerait-elle la loterie vidéo ?
|
Chapitre 7: Les appareils de loterie
vidéo de Loto Québec sont-ils illégaux ?
|
Chapitre 8: Dissimulation
|
Chapitre 9:
Un "jeu" beaucoup plus
accrocheur
|
Chapitre 10:
Un
amendement s’impose!
(La
probabilité de tout lot doit être
garantie constante)
|
Chapitre 11: Il serait avantageux de le savoir!
|
Chapitre
12: Une illusion de jugement
|
Chapitre 13:
Mystère et boule de gomme! |
Chapitre 14: Êtes-vous accroché au
jeu ou êtes-vous accroché aux sensations et émotions que vous vous procurez par
le jeu?
|
Chapitre 15: Une attitude hypocrite
et révoltante
|
Chapitre 16: Rassurez-nous
Messieurs nos législateurs!
|
Chapitre 17: Ce jeu donne
l’impression d’être payant |
Postface
MISE EN GARDE DE L'ÉDITEUR
-Veuillez prendre note que les textes suivant, tout comme ceux contenu sous cette rubrique, ne sont que des commentaires et réflexions personnelles et qu'ils n'ont aucune prétention d'être des textes scientifiques ou d'avoir un contenu conforme à la réalité. On ne peut donc conclure à la lecture des ces textes de la malhonnêteté de la Société des loteries vidéo du Québec, de la Société des Casinos du Québec, de Loto-Québec
, la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ)
ou de celle de Robert Ladouceur. Ces textes sont publiés sous toute réserve. |