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LA CHRONIQUE DE ANNE |
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LES JEUX DE HASARD ET D’ARGENT |
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DANS LA TÊTE D'UNE JOUEUR |
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À tous les matins mon conjoint me disait : j’aimerais bien
rester à la maison et jouer dans mon garage mais, comme tout le monde, je dois
aller gagner des sous. Et toi, que vas-tu faire aujourd’hui ? Dans mon
intérieur, je répondais : je vais essayer d’aller gagner des sous au casino.
Je sens qu’aujourd’hui je vais être chanceuse. Dès qu’il franchissait la
porte, j’avais les larmes aux yeux. Je me sentais tellement malhonnête envers
lui. J’avais honte de le prendre pour une valise, de le bourrer de mensonges
alors qu’il me rappelait sans cesse son amour pour moi. Il avait confiance en
moi, il m’aimait beaucoup. Toujours en éloges à mon égard, toujours attentif à
mes besoins, toujours prêt à me faciliter la vie. J’avais l’esprit tourmenté et je vivais dans la peur qu’il apprenne la vérité. Je ressentais déjà sa peine et sa profonde déception. Je me disais que je ne méritais pas de vivre auprès d’un homme dont l’intégrité était la valeur première alors que je moi je la violais quotidiennement. Lorsqu’il entrait le soir, il ne m’était plus possible d’appuyer son regard, je baissais les yeux. Lorsqu’il me prenait dans ses bras, je voulais tout lui dire, tout lui avouer, lui crier ma souffrance. J’avais trop peur de son jugement, je sous-estimais sa volonté de me venir en aide. Je voulais que personne ne sache ce que j’étais devenue, surtout lui ! Malgré ce plus beau cadeau que me faisait la vie, un amour véritable et sincère, ma passion pour le jeu s’élevait bien au-delà de mon amour pour lui Comme il est épuisant de se cacher, de mentir sans arrêt, de choisir des endroits plus obscurs au casino dans la peur d’y être vue alors que j’étais censée être ailleurs. De sortir en courant du casino parce que j’avais oublié l’heure, acharnée et entêtée à récupérer mes pertes. À faire des crises d’angoisse à me retrouver dans la folie des heures de pointe et à chercher, dans ma gymnastique mentale, l’excuse par excellence qui viendrait justifier mon retard. Quelle vie infernale, minable, pitoyable ! (… à suivre) Affection, Anne VEUILLEZ PRENDRE NOTE QUE LES MISES À JOURS DE CETTE CHRONIQUE ONT LIEU UNE FOIS SEMAINE |