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En ce mois de novembre, pensons à ceux et celles qui nous ont
quitté à cause du jeu
Alors que Loto-Québec fête le 10e anniversaire de son casino de Montréal, des
milliers de personnes au sein de notre population pleurent la perte d’êtres
chers qui ont tragiquement mis fin à leurs jours à cause d’une dépendance aux
jeux de hasard et d’argent. À l’heure actuelle, au Québec, les vies de milliers
d’hommes, femmes, enfants, adolescent(e)s, personnes âgées sont totalement
chambardées par les retombées d’un taux de criminalité à la hausse et une
croissance alarmante des multiples problèmes sociaux engendrés par le jeu.
Depuis 1994, l’arrivée des casinos et la prise en charge, par l’État, d’un
réseau d’appareils de loterie vidéo (ALV) implantés à travers la province, ont
assujetti toute la population du Québec à une dépendance plus puissante que
l’héroïne. Au cours des cinq dernières années, le bureau du Coroner a confirmé
plus de 110 suicides directement liés au jeu.
Moi, je n’ai pas le cœur à la fête ni le goût de souligner l’anniversaire d’une
industrie qui emporte des vies humaines et qui en laisse des milliers en péril.
Au moment même où mes doigts appuient sur les touches de mon clavier pour mettre
par écrit ce que mon cœur ressent, je pense à tous ceux et celles derrière les
appareils de loterie-vidéo et les machines à sous des casinos qui appuient sur
le bouton jouer dans l’espoir de se refaire.
Les appareils de loterie vidéo et les machines à sous ne sont pas des jeux. Ils
ne requièrent aucune connaissance, aucune compétence, aucune stratégie. Ils
usent vos doigts et grugent toutes vos énergies. Ils n’ont pas été conçus pour
vous rendre riches et célèbres. Ils ne peuvent pas vous consoler car ils n’ont
pas de cœur.. Ils ne peuvent pas résoudre vos difficultés mais ils peuvent vous
en créer. Ils vous éloignent de la réalité, de vos vies familiales, sociales et
professionnelles. Leur seul pouvoir est de vous leurrer, de vous enivrer
d’illusions et de fausses croyances, jusqu’à vous détruire, jusqu’à vous tuer.
Je sais ce que c’est que d’être en amour avec une ogresse en métal. Elle m’a
conduit au seuil de la mort. Alors que je cherchais mon cœur et mon âme, elle
m’a apporté déception par-dessus par déception. Elle m’a dévalorisée. Elle m’a
meurtrie. Elle m’a mise à nu, dépossédée de tous mes biens, de tous les fruits
de mes dures années de labeur. Elle a détruit toutes mes valeurs, elle a fait de
moi un parasite ignoble! Oui, derrière cette ogresse en métal, je cherchais mon
cœur et mon âme. Bien entendu, ils n’y étaient pas.
Non, je n’ai pas le cœur à la fête. Et vous ?
Merci de me lire.
Affection, Anne. |